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journée mondiale de la poésie
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journée mondiale de la poésie

21 MARS

« Nous savons que, pour les poètes qui sont incarcérés, le soleil est froid et qu’il y a des mois entre les mois, des jours entre les jours et des heures entre les heures. Même pendant les mois, les jours et les heures qui ne figurent pas sur le calendrier, nous travaillons pour leur liberté d’expression et pour leur liberté. Chaque jour, les membres de PEN pensent à ces poètes et à leur souffrance ». Jennifer Clement, présidente de PEN International.

21 mars : Adoptée en 1999 lors de la 30e conférence générale de l’UNESCO, la Journée mondiale de la poésie est l’occasion de rendre hommage à la diversité culturelle et linguistique par son expression poétique, mais aussi d’honorer les poètes, de faire revivre les traditions orales des récitals de poésie, de promouvoir la convergence entre la poésie et d’autres formes d’art et d’accroître la visibilité de la poésie dans les médias.

Alors que la poésie détient le pouvoir de rassembler les peuples à travers les continents, de nombreux poètes dans le monde entier font l’objet de menaces, d’intimidations et de violences simplement pour s’être exprimés, pour avoir utilisé leur voix d’une manière qui dérange les gouvernements. À l’occasion de la Journée mondiale de la poésie de cette année, PEN International attire l’attention sur le cas de quatre poètes qui risquent leur vie, quotidiennement, à cause de leur travail : Maryja Martysievič (Belarus), Katherine Bisquet (Cuba), Varavara Rao (Inde) et Innocent Bahati (Rwanda). PEN International appelle ses membres à agir afin que les gouvernements remplissent leur devoir de garantir la liberté d’expression.

Pour les poètes de PEN : réflexions de Jennifer Clement, Présidente de PEN International Down arrow

Aujourd’hui, le monde entier marque la Journée mondiale de la poésie, l'occasion de mettre à l’honneur et de promouvoir la poésie ainsi que le pouvoir et la créativité du langage. Chaque année, à l’occasion de cette journée, PEN International attire l’attention sur le cas de poètes qui, dans le monde entier, sont en proie à de grandes difficultés en raison de leur travail, et demande à ses membres et sympathisants d’agir en leur nom.  

 Quand je pense aux poètes détenus dans le monde entier et punis, je pense à la poésie. La poésie est pratiquement la seule chose qui n’a pas de valeur monétaire. Vous ne pouvez pas vendre un poème. Personne ne veut acheter un poème. Les poèmes ne sont pas en vente au marché aux côtés des pommes et des pêches, ou dans les salles de vente aux enchères aux côtés des sculptures et des tableaux. Je dois avouer que je suis étrangement émerveillée et choquée à l’idée qu’un poème soit si puissant et si dangereux qu’un poète peut être enfermé et condamné à mort pour des rimes et des couplets, pour des métaphores et des symboles. 

 Quand je constate à quel point les poèmes sont devenus dangereux, je me souviens des mots du poète et romancier britannique Thomas Hardy : « Si Galilée avait dit en vers que le monde bougeait, l’Inquisition l’aurait peut-être laissé tranquille ». À notre époque, si Galilée avait écrit ses découvertes en vers libres avec des coupures de strophe, il regarderait peut-être le ciel — son ciel rond, en forme de télescope — depuis une cellule de prison.    

Emprisonnée en Iran en 2008 et libérée dix ans plus tard en 2017, Mahvash Sabet a adressé des poèmes passionnés à Fariba, avec qui elle partageait une cellule au début de son incarcération. Mahvash Sabet a écrit : « Ô ma compagne de cellule ! Que de cruautés nous avons connues ensemble ; que de faveurs aussi et de bénédictions dans notre isolement. […] Ils ont attaché tes ailes aux miennes, plume après plume, et tu as reposé ta tête près de la mienne chaque nuit ». 

En Chine, le poète Li Bifeng continue de composer des poèmes en prison, où il se trouve depuis 1998. Une strophe commence ainsi : « Par-dessus le haut mur, nous regardons le soleil et les montagnes au loin. Lors de rêves nocturnes, nous voyons des gens au loin ; à l’aide du filet de désirs, nous récupérons ces souvenirs éparpillés, puis nous laissons les os devenir des os. 

Face à ces vers, nous ne sommes pas neutres. Chaque jour, les membres de PEN pensent à ces poètes et à leur souffrance. Nous savons que, pour les poètes qui sont incarcérés, le soleil est froid et qu’il y a des mois entre les mois, des jours entre les jours et des heures entre les heures. Même pendant les mois, les jours et les heures qui ne figurent pas sur le calendrier, nous travaillons pour leur liberté d’expression et leur liberté. 
 

Lorsque j’ai rendu visite à Dareen Tatour, poétesse palestinienne assignée à résidence et en attente de condamnation, elle m’a donné un tissu sur lequel elle avait brodé avec du fil rouge les mots suivants : « La poésie n’est pas un crime ! ». 

En 2020, PEN International a défendu des écrivains du monde entier, y compris des poètes qui ont été harcelés, menacés de mort, détenus, emprisonnés et torturés en raison de leur poésie et de leur militantisme. Ce mois-ci encore, deux poètes ont été tués au Myanmar alors qu’ils participaient aux manifestations pour la démocratie. En cette Journée mondiale de la poésie, nous mettons en lumière les cas des poètes Maryja Martysievič (Belarus), Katherine Bisquet (Cuba), Varavara Rao (Inde) et Innocent Bahati (Rwanda).  

En rendant hommage à tous les poètes de PEN qui sont en danger, je pense à la façon dont, dans ma fidélité à la connaissance empirique, la poésie est ma foi séculaire et là où je trouve la révélation. La poésie est la recherche de la vérité et du réconfort face à l’invisible. Et chaque poète le sait : bien que les étoiles aient des noms différents dans toutes les langues du monde, elles répandent la même lumière. 


Jennifer ClementPrésidente de PEN International 

Maryja Martysievič Down arrow

Maryja Martysievič, © Ivan Besser

Maryja Martysievič, © Ivan Besser

Maryja Martysievič est une poétesse, écrivaine et traductrice littéraire biélorusse, victime depuis des années de répression pour ses prises de position. Elle compte parmi les nombreuses personnalités culturelles du Belarus qui ont exprimé publiquement leur désaccord à la suite de l’élection présidentielle largement contestée d’août 2020, lors de laquelle des dizaines de milliers de personnes sont descendues dans la rue pour manifester pacifiquement. Depuis lors, les autorités biélorusses ont mené une répression sans précédent contre les droits de l’homme. De nombreux écrivains et artistes ont été visés : ils ont été arrêtés, battus, leurs instruments ont été détruits et ils ont perdu leur emploi. Membre du mouvement de résistance culturelle, Maryja Martysievič utilise sa créativité pour résister à l’oppression, en écrivant des poèmes et en organisant des lectures et des événements publics. PEN International appelle les autorités biélorusses à cesser immédiatement les attaques contre les écrivains, les artistes et les travailleurs culturels en représailles à leurs tentatives d’exprimer leurs préoccupations et de combattre l’injustice. 


Agissez 


Soutenez les poètes biélorusses en organisant des lectures de poésie et en mettant à l’honneur leur travail sur vos canaux de médias sociaux. Une vidéo de Maryja Martysievič, aux côtés de ses collègues écrivains, est disponible ici 

Katherine Bisquet Down arrow

Katherine Bisquet © Héctor Trujillo

Katherine Bisquet © Héctor Trujillo

Katherine Bisquet figure parmi les jeunes écrivains cubains les plus en vue. Elle est également poétesse, éditrice et militante. Elle écrit notamment pour El Estornudo et a récemment remporté la bourse Antonia Eiriz de 2021, décernée par l’Instituto Internacional de Artivismo Hannna Arendt. Bisquet a été harcelée, détenue et mise en résidence surveillée pour ses idées. En novembre 2020, elle s’est rassemblée, aux côtés d’autres artistes et militants, au siège du Mouvement San Isidro (MSI) pour protester contre la détention arbitraire du musicien Denís Solís. Le MSI est un groupe d’artistes cubains qui milite pour la liberté d’expression et la liberté artistique depuis 2018, lorsque le gouvernement cubain a introduit le décret 349 qui sanctionne les artistes qui travaillent sans l’approbation du ministère de la Culture. Bisquet est l’auteure de livres tels que Algo aquí se descompone (quelque chose ici est cassé) et Uranio empobrecido (uranium appauvri). 


Agissez 


Soutenez les écrivains, les journalistes et les artistes cubains en demandant aux autorités de cesser le harcèlement à leur encontre et à l’encontre du mouvement San Isidro et d’abroger le décret 349, en envoyant des lettres de préoccupation aux ambassades cubaines.  

Varavara Rao Down arrow

Varavara Rao, image reproduite avec l’autorisation de Wikipédia (Creative Commons License)

Varavara Rao, image reproduite avec l’autorisation de Wikipédia (Creative Commons License)

Varavara Rao est un écrivain, poète et militant marxiste célèbre, détenu sans jugement en Inde depuis 2018. Figure importante de la littérature télougou, Monsieur Rao est l’un des fondateurs de la Virasam – l’association des écrivains révolutionnaires. Varavara Rao figure parmi cinq militants qui ont été arrêtés en août 2018 pour leur rôle présumé dans l’incitation à des troubles violents. Il a complètement réfuté toutes les accusations, et d’aucuns considèrent que sa détention est motivée par des raisons politiques et qu’elle s’inscrit dans le cadre d’une répression plus large des militants partout en Inde. Bien qu’il soit tombé gravement malade à cause du COVID-19 et d’autres complications de santé alors qu’il était détenu dans des conditions abominables, les autorités indiennes ont refusé, à maintes reprises, ses demandes de libération sous caution médicale en 2020. Le 22 janvier 2021, la Haute Cour de Bombay a finalement accordé à Monsieur Rao une caution médicale de six mois. Si PEN International salue la décision du tribunal, nous restons néanmoins profondément préoccupés par les conditions strictes imposées à la libération provisoire de Monsieur Rao, notamment l’interdiction de parler aux médias et la restriction de ses déplacements limités à Mumbai, alors que son domicile se trouve à plus de 750 kilomètres de là, dans le Telangana 


Agissez  



Demandez aux autorités indiennes d’annuler les conditions répressives de sa mise en liberté provisoire pour raisons médicales de Varavara Rao, et de lui accorder une libération indéfinie pour raisons humanitaires. 

Narendra Modi 

Poste : Premier ministre de l’Inde 
Adresse :  E Block, E Block, Central Secretariat, New Delhi, Delhi 110011, Inde 
Twitter : https://twitter.com/narendramo... 
Contact : https://pmopg.gov.in/pmocitize...  

Amit Shah 

Poste : Ministre de l’Intérieur indien, ministère de l’Intérieur, gouvernement de l’Inde 
Adresse : Ministère de l’Intérieur, North Block, New Delhi 110001, Inde. 
E-mail : contact@amitshah.co.in 

Innocent Bahati Down arrow

Innocent Bahati © Andrea Grieder

Innocent Bahati © Andrea Grieder

Innocent Bahati est un poète rwandais populaire connu pour ses prises de parole ouvertes et critiques en matière de questions sociales. Il publie ses poèmes sur YouTube et Facebook et participe régulièrement à des événements de poésie. Monsieur Bahati est porté disparu depuis le 7 février 2021. Au bout de deux jours de recherches, ses amis ont signalé la disparition de Monsieur Bahati au bureau d’enquête du Rwanda, lequel a indiqué qu’il ne détenait pas Monsieur Bahati et qu’il enquêtait sur cette affaire. Les amis et les associés de Innocent Bahati pensent que sa disparition est due à ses poèmes critiques, en particulier ses poèmes récents : « Hunger » (Faim) ; « Poverty » (Pauvreté) ; et « Long Regulations » (Longs règlements)Il semblerait qu’avant que Monsieur Bahati ne disparaisse, une personnalité publique pro-gouvernementale éminente avait publié sur Facebook un commentaire associant les opinions de Monsieur Bahati aux détracteurs du président Paul Kagame qui sont toujours confrontés à la répression pour leurs voix dissidentes. En 2017, Innocent Bahati avait disparu de manière similaire après avoir publié un poème sur Facebook, avant de réapparaître en garde à vue. PEN enquête sur la disparition forcée probable de Monsieur Bahati. Une vidéo de « Rubebe », un des poèmes d’Innocent Bahati, est disponible ici. 


Agissez 


Demandez aux autorités rwandaises de révéler l’endroit où est détenu Innocent Bahati et de garantir sa sécurité, son bien-être et son droit à la vie. Envoyez un message au président Paul Kagame et au secrétaire général du bureau d’enquête du Rwanda, Jeannot K. Ruhunga 

 

Paul Kagame  

Poste : Président de la République du Rwanda  

Twitter : https://twitter.com/PaulKagame  

Facebook : https://www.facebook.com/Presi... 

E-mail : info@gov.rw  

 

Jeannot K. Ruhunga 

Poste : Secrétaire général du bureau d’enquête du Rwanda (RIB) 

Twitter : https://twitter.com/RIB_RW  

Facebook : https://www.facebook.com/Rwand...  

E-mail : info@rib.gov.rw

Notes aux centres PEN : Down arrow

Les images utilisées pour cette campagne peuvent être réutilisées et partagées par les centres PEN. 

Note aux rédacteurs : Down arrow

Les activités organisées par PEN International pour mettre à l’honneur la Journée mondiale de la poésie figurent parmi une série d’événements prévus tout au long de l’année 2021 pour marquer le Centenaire de PEN International. Fondé en 1921 par l’écrivaine anglaise Catherine Amy Dawson Scott, PEN International a consacré 100 ans à célébrer la littérature et à protéger la liberté d’expression. Vous pouvez défendre les écrivains persécutés en faisant un don aujourd’hui. 

Pour de plus amples informations, veuillez contacter Sabrina Tucci, responsable de la communication et des campagnes,Sabrina.Tucci@pen-international.org

tél. +44 (0)20 7405 0338 |
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