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La journée internationale de la langue maternelle: passer à l’action pour Hany Babu

La journée internationale de la langue maternelle: passer à l’action pour Hany Babu

Chaque année, le 21 février, PEN International se joint à la Journée internationale de la langue maternelle pour souligner qu’il est important de respecter partout sur la planète la diversité linguistique.

En ce jour particulier, PEN tient à faire connaître le cas d’un écrivain menacé en raison de sa promotion pacifique du multilinguisme et d’une meilleure protection des droits linguistiques.

Cette année, PEN International appelle à la libération de Hany Babu, chercheur en linguistique et militant de l’Inde, injustement détenu par les autorités de son pays dans le contexte d’une répression plus large du gouvernement contre les dissidents et les défenseurs des communautés marginalisées de l’Inde.

En 2011, PEN international a proclamé le Manifeste de Gérone pour les droits linguistiques en déclarant, entre autres, que : « Le respect de toutes les langues et de toutes les cultures est essentiel à la construction et au maintien du dialogue entre les peuples et de la paix dans le monde » et que : « Chaque communauté linguistique a le droit d’utiliser sa langue comme langue officielle sur son territoire. »

Hany Babu (Inde) Down arrow

Hany Babu est professeur agrégé de langue et de linguistique à l’Université de Delhi et militant anti-castes; il plaide pour une plus grande protection des langues marginalisées. Il a, en outre, utilisé régulièrement ses écrits pour mettre en évidence la relation entre les droits de la personne et la pluralité linguistique.

Babu compte parmi les 16 écrivains, érudits et militants, dont Varavara Rao, mis en détention par le gouvernement de l’Inde en vertu de la Loi antiterroriste, de la Loi sur les activités illégales (prévention) (UAPA en anglais). Les accusations portées contre le groupe, appelé BK-16, auraient découlé d’éléments prouvant leur « implication dans l’incitation à la violence » lors d’une activité publique tenue le 31 décembre 2017 par des militants défendant les droits des Dalits (encore appelés Intouchables ou Harijans : des hors-castes), et d’autres communautés marginalisées. Le 1er janvier 2018, un jour après l’activité, des émeutes ont éclaté entre les Dalits et les nationalistes hindous au cours d’une célébration pour souligner le 200e anniversaire de la bataille de Bhima Koregaon, un évènement culturel important au sein de la communauté dalite de l’Inde.

Plusieurs rapporteurs spéciaux des Nations Unies ont exprimé leur inquiétude sur cette affaire, et plus de 50 intellectuels bien connus, dont Noam Chomsky et les lauréats du prix Nobel Olga Tokarczuk et Wole Soyinka, ont signé une lettre ouverte appelant à leur libération. Après la première détention de Hany Babu, des centaines d’étudiants ont écrit des lettres de soutien, apportant de nombreux témoignages touchants sur son approche égalitaire de l’éducation et sur son engagement envers la diversité linguistique.

Le 10 décembre 2019, le domicile de Babu a fait l’objet d’une perquisition de la part de la police qui a saisi son ordinateur portatif, son appareil de téléphone mobile et deux livres sur les castes et les classes sociales, et ce, sans mandat de perquisition. Babu a ensuite été arrêté par la National Investigation Agency (NIA) de l’Inde le 28 juillet 2020 et envoyé à la tristement célèbre prison centrale de Taloja, en Inde, où il a depuis été détenu dans des conditions totalement inadéquates. En mai 2021, Babu s’est vu refuser à plusieurs reprises un traitement médical de base après avoir contracté une infection oculaire grave, ce qui a entraîné son hospitalisation temporaire avant qu’il ne soit forcé de retourner en prison.

Les conditions épouvantables dans lesquelles les détenus BK-16 ont été incarcérés ont contribué à la mort en détention du militant et prêtre Stan Swamy et à l’hospitalisation du poète Varavara Rao, ce dernier ayant ensuite été libéré sous caution temporaire pour des raisons médicales. Plusieurs de ces détenus BK-16, dont Babu, ont contracté la COVID-19 alors qu’ils étaient incarcérés.

Il y a également eu de nombreux manquements à la procédure dans les affaires BK-16, y compris des accusations de falsification de la preuve et des rapports plus récents mentionnant la découverte de logiciels espions Pegasus sur au moins l’un des appareils de l’accusé avant son arrestation.

La détention de Babu, aux côtés de nombreux universitaires, écrivains et militants inculpés en vertu de l’UAPA, est représentative du climat qui prévaut en Inde où la liberté d’expression se dégrade, ce qui a entraîné une censure croissante et le ciblage des gens qui critiquent le gouvernement, des journalistes et des médias sociaux.

Passer à l’action

PEN International considère la détention de Hany Babu et de ses collègues militants comme une violation de leur droit à la liberté d’expression et demande leur libération immédiate et inconditionnelle.

Voici ce que vous pouvez faire :

Un plaidoyer

Écrivez une lettre ou un courriel @ aux autorités en exprimant votre inquiétude et demandant leur libération immédiate et sans conditions :

• au Premier ministre de l’Inde, Narendra Modi;

• aux représentants du gouvernement de l’Inde dans votre pays;

• au ministère des Affaires étrangères de votre pays.

Les médias sociaux

Sensibiliser le public au cas de Hany Babu et de ses collègues militants en utilisant le mot-clic #FreeHanybabu

Veuillez partager ce graphique sur les médias sociaux en envoyant vos messages.

Sensibilisation

• Rédigez et publiez des articles d’information et d’opinion dans votre presse locale et nationale pour souligner le cas de Hany Babu et des collègues militants. Informez-en les médias locaux et électroniques.

• Organisez des activités publiques, par exemple : des conférences de presse, des tribunes publiques, des expositions et des manifestations pour faire valoir leur point de vue.

D’autres actions à mener

• devenez membre de votre centre PEN local, renseignez-vous sur ce cas et sur d’autres, et engagez-vous.

Notes aux rédacteurs

Pour plus de renseignements, veuillez communiquer avec Ross Holder, coordinateur du programme Asie : ross.holder@pen-international.org et Sabrina Tucci, responsable des communications et des campagnes : Sabrina.Tucci@pen-internationa.org | Twitter : @pen_int | Facebook : www.facebook.com/peninternational | www.pen-international.org

Traduction : Jean-Pierre Pelletier, membre de P.E.N.-Québec

Révision linguistique : Dominique Gaucher, coordonnatrice de P.E.N.-Québec