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Œil sur le Nicaragua

jeudi 26 janvier 2023 - 2:30am

Eye On Nicaragua

PEN International et les Centres PEN Amérique, Argentine et San Miguel de Allende, avec le soutien des Centres PEN sur le continent, forment l'Observatoire « Ojo en Nicaragua », un espace où sont affichées et enregistrées les tentatives de censure du gouvernement du Nicaragua.


À partir du 10 août 2021, Fundamedios rejoint l'Observatoire international "Ojo con Nicaragua". Fundamedios est une organisation engagée dans la promotion de la liberté d'expression, le suivi des attaques et des risques encourus par les journalistes et la défense des droits de l'homme depuis 2007 en Amérique latine. En décembre 2017, Fundamedios a reçu le prix franco-allemand pour les droits de l'homme et l'État de droit.


Le Haut Commissaire des Nations Unies appelle au respect des libertés au Nicaragua

15 décembre 2022

Le haut-commissaire aux droits de l’homme des Nations Unies, Volker Türk, a exhorté le 15 décembre le gouvernement du Nicaragua à « libérer immédiatement toute personne détenue» pour des raisons politiques et à engager «un dialogue national inclusif » face à la grave crise politique qui frappe le pays depuis 2018.

L’évêque et deux journalistes de Matagalpa accusés au pénal

Les journalistes Manuel Obando Cortedano, directeur des médias du diocèse de Matagalpa (nord), et Wilberto Artola Mejía, journaliste de la chaîne numérique TV Merced, ont été inculpés par le ministère public le 14 décembre.

Les journalistes, arrêtés par la police trois jours auparavant, travaillaient avec l’évêque catholique, Rolando Álvarez, responsable du diocèse de Matagalpa. Le prélat a été arrêté le 19 août et inculpé officiellement le 13 décembre devant les tribunaux pour « conspiration » et « propagation de fausses nouvelles ».

Voces del Sur (Voix du Sud) : violations persistantes de la liberté de la presse

Au moins six journalistes et un média du Nicaragua ont rapporté des violations de la liberté de la presse au cours du mois de novembre dernier, selon un rapport du réseau régional Voces del Sur, divulgué le 12 décembre.

Le rapport évoque des menaces à l’encontre de deux journalistes pour avoir exercé leur métier, tandis que quatre autres professionnels ont été « contraints à l’exil en raison des difficultés rencontrées dans le pays pour l’exercice de leur métier et du danger qu’il comporte ».

Le régime autorise les familles à rendre visite aux détenus de la prison d’El Chipote

Après plus de 80 jours sans recevoir de visite de leur famille, plus de 50 prisonniers politiques placés dans le centre de détention de la police d’El Chipote ont été autorisés à recevoir des « visites spéciales » de leurs proches, y compris les enfants et les petits-enfants, entrés pour la première fois au centre pénitentiaire les 7 et 8 décembre, dates pendant lesquelles le pays célèbre les fêtes religieuses consacrées à la Vierge Marie.



Nicaragua : L’écrivain et sociologue Oscar-René Vargas arrêté

  • 23 novembre 2022

Les proches de l’écrivain, sociologue et économiste Oscar-René Vargas ont rapporté que des policiers cagoulés l’ont appréhendé avec une violence excessive dans une demeure de Managua le 22 novembre et l’ont emmené dans un lieu inconnu, sans laisser de traces.

Les organismes de défense des droits de l’homme ont immédiatement exigé la libération de l’auteur, qui, selon ses proches, souffre de maladies chroniques qui méritent une attention particulière.

Le journaliste Miguel Mendoza cesse sa grève de la faim, et espère voir sa fille

Le journaliste Miguel Mendoza, l’un des 219 prisonniers politiques du régime de Daniel Ortega, a renoncé à sa grève de la faim dans un centre de détention de la police d’El Chipote, après avoir reçu la promesse qu’on l’autorisera de voir sa fille Alejandra, âgée de huit ans.

La police occupe les locaux de la station de radio « Mi Voz »

Le 18 novembre, des policiers ont occupé les locaux de la radio « Mi Voz », située dans l’ouest de la ville de León et dirigée par le journaliste Álvaro Montalván.

Attaque menée contre la chaîne Youtube « Confidencial »

La chaîne Youtube de la publication indépendante « Confidencial » a été attaquée le 13 novembre dernier par des pirates informatiques présumés qui ont usurpé l’identité du média. Son directeur, le journaliste Carlos Fernando Chamorro, a expliqué que, par un accès non autorisé, les attaquants ont changé son nom en « Tesla Live » et ont remplacé le logo par une image du magnat Elon Musk, propriétaire de Tesla et Twitter.

La SIP nomme au conseil d’administration deux journalistes emprisonnés

Lors de sa dernière assemblée générale tenue à la fin du mois d’octobre dernier, la Société interaméricaine de la presse (SIP) a élu comme membres de son conseil d’administration deux journalistes emprisonnés : le Guatémaltèque José Rubén Zamora, directeur du journal El Periódico, prisonnier du gouvernement d’Alejandro Giammattei, et le nicaraguayen Juan Lorenzo Holmann Chamorro, directeur général du quotidien La Prensa, fermé en 2021 et confisqué par le régime de Daniel Ortega.


19 octobre 2022

Le mercredi 19 octobre 2022, Andrea Margarita Del Carmen, directrice des programmes du centre PEN Nicaragua, fermé il y a plus d’un an, est accusée du délit présumé de « conspiration ». Communicatrice, elle est chercheuse et co-autrice du rapport « Les femmes et le pouvoir de la parole » («Mujeres en Poder de la Palabra»), que PEN a réalisé dernièrement avec l’UNESCO.

Le 14 septembre 2022, la police a fait irruption chez elle pour l’arrêter, mais elle ne s’y trouvait pas; son fils, Gabriel López Del Carmen, âgé de 34 ans, a été incarcérée à la prison « El Chipote ». Il a été accusé du même crime. En raison de la persécution policière, Mme Del Carmen a été forcée de quitter le pays.

PEN International exige la libération immédiate de Gabriel López Del Carmen et l’abandon de toutes les accusations portées contre lui et sa mère, notre collègue Andrea Margarita Del Carmen.

Traduction : Jean-Pierre Pelletier




Découverte de 39 « fausses antennes » qui « surveillent » les téléphones cellulaires au Nicaragua


14 septembre 2022


Quelque 39 dispositifs de surveillance mobiles capables d’intercepter les communications téléphoniques ont été détectés au Nicaragua, selon une analyse de l’organisation South Lighthouse, qui mène des recherches sur les technologies au service des droits de l’homme- et l’étude Fake Antenna Detection Project (FADe Project).

L’étude, publiée par le quotidien numérique Confidencial le 17 octobre dernier, révèle l’utilisation d’appareils mobiles de surveillance, connus sous le nom de IMSI-Catchers ou fausses antennes de télécommunications, à Managua et dans trois autres villes du Nicaragua.

Selon l’étude, Les appareils IMSI-Catcher fonctionnent comme de fausses antennes qui interceptent les signaux téléphoniques et capturent le trafic des appareils mobiles, y compris les appels de type conventionnel, la destination ou la source des appels, les messages texte, le code de la carte SIM, l’emplacement du téléphone et, dans certains cas, l’écoute directe de la conversation téléphonique.

Au moins 160 journalistes ont fui le Nicaragua au cours des quatre dernières années.

Au moins 160 journalistes et travailleurs des médias nicaraguayens sont partis en exil pour des raisons de sécurité depuis avril 2018, lorsque des manifestations ont éclaté contre le régime de Daniel Ortega, selon un rapport publié le 10 octobre dernier par le réseau régional Voces del Sur.


Traduction : Jean-Pierre Pelletier





Ortega continue d’étouffer avec plus d’intensité la liberté d’expression


Le mois de septembre a commencé au Nicaragua avec de nouvelles fermetures de médias, l’exil de journalistes et la fermeture d’organisations non gouvernementales (ONG), tandis que le gouvernement montrait pour la première fois quelque 27 prisonnières et prisonniers politiques détenus dans la prison de la police d’El Chipote et dont les familles avaient dénoncé la détérioration progressive de la santé.

Un journaliste en exil dont la chaîne de télévision a été fermée

Le journaliste nicaraguayen, David Mendoza, propriétaire de la chaîne de télévision fermée RB3, de la ville nordique de Río Blanco, a quitté le Nicaragua à la fin du mois d’août et a demandé l’asile aux États-Unis, comme l’a rapporté la presse. Mendoza a déclaré avoir traversé le Río Bravo (frontière entre le Mexique et les États-Unis) le 30 août dernier avec sa femme et son fils de 10 ans.

Le directeur de la chaîne populaire RB3 a dénoncé, le 2 août dernier, la fermeture de sa chaîne par l’Institut des Télécommunications, dans le cadre de la fermeture de près d’une douzaine de médias indépendants. Mendoza a fondé il y a 18 ans cette chaîne, qui est devenue une référence pour une vaste population rurale du nord du Nicaragua.

Fermeture d’une autre station de radio de l’Église catholique

Le 23 août dernier, quelques heures après que le clergé du diocèse d’Estelí (nord) eut condamné dans un communiqué la répression par le gouvernement de l’Église catholique, l’Institut des Télécommunications et des Postes (Telcor) a annulé le permis de diffusion de Radio Stereo Fe (Radio Stéréo Foi), qui appartenait à ce diocèse et transmettait des contenus religieux dans le nord du Nicaragua.

La publicité d’État répartie entre famille et « fidèles »

Une enquête de la publication indépendante Expediente Público a révélé que depuis le premier semestre de 2022, le gouvernement nicaraguayen a dépensé plus de 180 000 dollars pour « récompenser » les agences de publicité, les journalistes et les médias officiels.

Le gouvernement montre des prisonnières et des prisonniers politiques

Les deux derniers jours du mois d’août et le 1er septembre, le gouvernement nicaraguayen a montré pour la première fois 27 opposants emprisonnés dans la redoutable prison de la police d’El Chipote, dont les familles avaient déclaré qu’ils souffraient de la faim, d’isolement et de maladies diverses non traitées.

Les détenus ont été conduits un par un au siège des tribunaux de Managua, pour de prétendues audiences dites « à titre d’information » qui n’existent pas en tant que telles dans le règlement judiciaire, selon des experts consultés.

Pour la sociologue Sara Henríquez, défenseure des droits de l’homme et exilée, Ortega a montré les détenus pour disqualifier les plaintes des membres des familles qui affirmaient que la vie des détenus était en danger. « Mais il a obtenu le résultat inverse, car ces photos et vidéos n’ont fait que réaffirmer qu’ils étaient torturés, en isolement et affamés », a-t-elle déclaré.

Le mois d’août, celui qui compte le plus d’arrestations politiques de l’année 2022

Entre le 1er et le 28 août, 31 arrestations arbitraires ont été signalées, dont 15 pour des « motifs politiques ». Sur les 15 citoyens encore détenus, il en reste huit, parmi lesquels on compte Mgr Rolando Álvarez, évêque de Matagalpa et administrateur apostolique du diocèse d’Estelí, qui se trouve actuellement chez lui en résidence surveillée depuis le 19 août.

Le nombre de prisonniers d’opinion passe à 205

De ce nombre, 195 ont été capturés au cours des quatre dernières années, à la suite des manifestations d’avril 2018, et 10 étaient déjà en prison. Selon le même rapport, 20 des 205 prisonniers politiques sont des femmes.

1775 ONG ont été fermées au Nicaragua

« Cela renforce les fermetures arbitraires d’organisations de développement communautaire, de femmes, environnementales, autochtones, autonomes, de promotion sociale et de droits politiques qui s’occupaient des secteurs les plus vulnérables du pays », a dénoncé l’organisme de défense des droits de l’homme « Nicaragua No Más », créé au Costa Rica par des défenseurs nicaraguayens contraints à l’exil.

Traduction : Jean-Pierre Pelletier


Ortega assiège l’Église catholique

9 août 2022

La dernière quinzaine a été marquée par une escalade de la campagne visant à persécuter la presse indépendante, ainsi que l’Église catholique, ce qui s’est concrétisé par la fermeture de 11 médias, dont sept étaient des stations de radio liées au diocèse de Matagalpa (nord) dirigé par l’évêque Rolando Álvarez, l’une des voix les plus critiques du gouvernement.

La poète Gioconda Belli bannie du festival littéraire en Espagne

La poète et romancière Gioconda Belli, présidente de PEN Nicaragua, a dénoncé le fait que le régime d’Ortega, par l’intermédiaire de son ambassade en Espagne, pays où elle est exilée, a opposé son veto à sa participation au festival culturel « Celebremos Iberoamérica » (Célébrons l’Amérique ibérique).

Traduction : Jean-Pierre Pelletier

L’Église catholique est toujours assiégée et la fermeture massive des médias persiste

  • 23 août 2022

Censura en los medios de comunicación - Censura en los medios de comunicación

Après 15 jours de captivité dans la Curie épiscopale de Matagalpa (nord), où il a été encerclé et menacé par la police, Mgr Rolando Álvarez a été transféré à Managua et assigné à résidence, tandis que les six prêtres et les deux séminaristes qui l’accompagnaient étaient emmenés à la prison de la police d’El Chipote pour y faire l’objet d’une enquête.

Dans le cadre de sa stratégie dont la visée est de réduire au silence les voix dissidentes au Nicaragua, le gouvernement de Daniel Ortega a procédé à la fermeture des médias indépendants suivants :

• Radio Darío, de León — fermé le 12 août;

• NGTV Nueva Guinea, la chaîne 3 — permis retiré le 10 août;

• Radio San Carlos — a cessé de diffuser le 16 août par décret du gouvernement;

• Noticiero La Voz de Rivas - cessation soudaine le 18 août;

• Voces del Sur : l’exode des journalistes se poursuit;

• La crainte de la confiscation complète du journal La Prensa.

La Prensa, le plus ancien quotidien du Nicaragua, a dénoncé une confiscation de facto de ses bâtiments, sa machinerie et ses équipements, le tout étant évalué à quelque 10 millions de dollars.

Traduction : Jean-Pierre Pelletier

La SIP demande la libération de six journalistes-communicateurs en détention

Le 13 juillet, la Société interaméricaine de la presse (SIP) a fait une mise en garde quant à la détérioration de l’état de santé de six journalistes condamnés au Nicaragua à 13 ans de prison et a lancé un appel au régime de Daniel Ortega, responsable du sort de ces derniers, pour leur « libération immédiate ».

Miguel Mora fait la grève de la faim

Le journaliste Miguel Mora, ancien candidat à la présidence prisonnier dans un centre de détention de la police d’El Chipote depuis juin 2021, a entamé une grève de la faim afin d’obtenir du régime d’Ortega qu’il puisse voir son fils et recevoir un exemplaire de la Bible, a rapporté sa femme, Verónica Chavez, elle aussi journaliste.

Ortega interdit l’entrée d’une journaliste et anthropologue guatémaltèque

L’anthropologue, écrivaine et journaliste guatémaltèque, Irma Alicia Velásquez Nimatuj, a été retenue le dimanche 24 juillet par des agents de l’immigration à l’aéroport international du Nicaragua, alors qu’elle s’apprêtait à entrer dans le pays pour assister à un événement académique à Managua.

***D’autres sources d’information***

Un autre prêtre catholique est emprisonné, le second en deux mois

Le prêtre José Leonardo Urbina, qui dirigeait la paroisse du Perpétuel Secours (Perpetuo Socorro), en plus d’être le vicaire épiscopal de Boaco (zone centrale du pays), a été emprisonné et jugé le 14 juillet dernier pour le délit présumé de viol d’une adolescente, tandis que des paroissiens de la localité clamaient son innocence et affirmaient qu’il s’agissait d’un « coup monté » dans le cadre de la campagne de persécution du régime d’Ortega contre l’Église catholique.

L’observatoire électoral Urnas Abiertas (Scrutins libres) dénonce une augmentation de la violence politique

Au moins 385 actes de violence politique ont été relevés au Nicaragua au cours du premier semestre de cette année, selon une analyse de l’observatoire citoyen électoral Urnas Abiertas, présentée le 26 juillet.

Selon l’observatoire, 5 cas sur 10 concernent le fait d’être assiégé ou de subir du harcèlement (199) et les autres sont classés comme poursuites judiciaires (42), mesures administratives (40), voies de fait (37), torture et mauvais traitements (31), détention (24), mort (2) et autres (10).

Lien menant vers le rapport complet de Urnas Abiertas : https://cutt.ly/KZurP1s

Traduction : Jean-Pierre Pelletier




Nouvelle attaque officielle contre le quotidien La Prensa

Le 7 juillet 2022, le gouvernement d’Ortega y Murillo a de nouveau attaqué le quotidien La Prensa.

Les directeurs du journal, Mario Sánchez et Carlos Lam, ont été arrêtés et placés en détention provisoire pour une période de trois mois.

La censure s’étend jusqu’aux accidents de la route

Le rapport Violations de la liberté de la presse pour le mois de juin 2022 établi par Voces del Sur, a constaté de nouvelles actions restrictives du gouvernement nicaraguayen contre la presse indépendante, y compris le refus de reportages sur les accidents de la route.

Lire le rapport sur le lien suivant

Gioconda Belli : Daniel Ortega cherche à « tout contrôler »

La poète et romancière Gioconda Belli, présidente du centre PEN du Nicaragua, lequel est fermé pour le moment, a réitéré sa condamnation de la fermeture récente de l’Académie nicaraguayenne de la langue, à laquelle elle appartenait, ainsi que d’autres organisations civiles, et a assuré que l’objectif du régime de Daniel Ortega est de « tout contrôler ».

Par ailleurs, d’autres sources nous apprennent l’expulsion de 18 missionnaires de la Charité de Mère Teresa de Calcutta

Une délégation de 18 religieuses de l’Ordre des Missionnaires de la Charité a été expulsée du Nicaragua le 7 juillet dernier vers le Costa Rica, dans des véhicules escortés par la police des migrations.

Le cortège religieux a été contraint de quitter le Nicaragua après la fermeture inexplicable de l’association, fondée par Mère Teresa de Calcutta au Nicaragua dans les années 1980, sous le premier gouvernement d’Ortega.

La « Caravane pour la vie » empêchée

Un jour après l’expulsion de la délégation des religieuses, le gouvernement a empêché l’entrée d’une délégation de neuf députés de partis de gauche latino-américains qui prétendait vouloir témoigner de la situation de près de 190 prisonniers politiques détenus dans différentes prisons du pays, dont 180 ont été arrêtés après les manifestations de 2018.

Ce même vendredi, la police a occupé les locaux du Centre Humboldt, regroupement écologiste, et de l’organisation non gouvernementale féministe La Corriente.

Traduction : Jean-Pierre Pelletier





Appel à la libération de Miguel Mendoza et Miguel Mora un an après leur emprisonnement

22 juin 2022

  • Les journalistes Miguel Mora et Miguel Mendoza sont détenus arbitrairement depuis un an. Le fondateur de 100% Noticias a été mis en prison pour la deuxième fois le 20 juin 2021. Un jour plus tard, la police a appréhendé le chroniqueur sportif. Tous deux ont été arrêtés lors de la chasse menée par le régime de Daniel Ortega et Rosario Murillo avant les élections présidentielles de novembre dernier.

Voir la vidéo: https://www.facebook.com/nicaraguaactual/videos/5112024198887233

  • La Haute Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Mme Michelle Bachelet, a dénoncéla détérioration continue de la situation au Nicaragua sous le gouvernement de Daniel Ortega, caractérisée par des détentions arbitraires, de la persécution, la fermeture d’ONG et l’exil massif forcé des citoyens du pays.
  • Le gouvernement du Nicaragua a interdit l’entrée de la journaliste nicaraguayenne et états-unienne, Tifani Roberts, du réseau nord-américain Univisión, arguant d’un rejet de son test PCR par les autorités.
  • Le Centre PEN Uruguay a publié une interviewavec le journaliste nicaraguayen Wilfredo Milranda, dans laquelle il évoque la situation du journalisme au Nicaragua.

Traduction : Jean-Pierre Pelletier




L’ambassadeur du Nicaragua auprès de l’Organisation des États américains (OEA) dénonce publiquement Ortega


Dans un discours inattendu, l’ambassadeur du Nicaragua auprès de l’Organisation des États américains, Arturo McFields, a dénoncé le mercredi 23 mars 2022 son propre gouvernement qu’il a qualifié de « dictature ».

Arturo McFields, journaliste, a été désigné par le président Daniel Ortega comme représentant du pays d’Amérique centrale auprès de l’OEA en octobre 2021. Lors de sa participation à une réunion virtuelle du Conseil permanent, le journaliste a également déclaré qu’il s’exprimait pour défendre « plus de 177 prisonniers politiques et plus de 350 personnes qui ont perdu la vie dans mon pays depuis 2018 » et qu’il le faisait aussi au nom de fonctionnaires forcés de « faire semblant, de pourvoir des postes et de répéter des slogans, parce que s’ils ne le font pas, ils perdent leur emploi ».

McFields a dit qu’il avait peur, mais il a ajouté : « Je dois parler, même si mon avenir et celui de ma famille sont incertains [...] Dénoncer la dictature de mon pays n’est pas facile, mais garder le silence et défendre l’indéfendable est impossible. [...] Depuis 2018, le Nicaragua est devenu le seul pays d’Amérique centrale où il n’y a pas de journaux imprimés, où l’on n’a pas la liberté de publier un simple tweet ou un commentaire sur les réseaux sociaux. Il n’y a pas d’organismes de défense des droits de l’homme. Il n’y en a pas un seul. Ça n’existe pas. Ils ont tous été fermés ou expulsés. Il n’y a pas de partis politiques indépendants, il n’y a pas d’élections crédibles, il n’y a pas de séparation des pouvoirs, mais des pouvoirs de fait », a soutenu McFields.

Condamnation des journalistes Cristiana et Pedro Joaquin Chamorro Barrios

Les journalistes Cristiana et Pedro Joaquin Chamorro Barrios, enfants de l’ancienne présidente Violeta Chamorro (1990-1997), ont été condamnés le lundi 21 mars dans l’ordre à huit et neuf ans de prison après avoir été inculpés pour blanchiment d’argent et autres délits.

Dans la même affaire, Walter Gómez et Marcos Fletes, administrateur et comptable de la Fondation Violeta Chamorro (FVBCH), ont été condamnés à 13 ans de prison, tandis que le chauffeur Pedro Vásquez a été condamné à sept ans de prison. Les trois anciens employés de l’ONG ont également été condamnés à des amendes se chiffrant au-delà d’un million de dollars.

Ouverture d’un procès contre le directeur du quotidien La Prensa

Le lundi 21 mars s’est ouvertle procès du directeur général du quotidien La Prensa, Juan Lorenzo Holmann Chamorro, détenu depuis le 14 août 2021, le lendemain du jour où le gouvernement de Daniel Ortega a ouvert une enquête sur le soi-disant blanchiment d’argent du journal.

Le Centre nicaraguayen des droits de l’homme (CENIDH) a exigé la libération immédiate de Holmann et a fait savoir qu’il était « gravement malade ».

Traduction : Jean-Pierre Pelletier



Révision : Nora Atalla





À quelques jours des élections au Nicaragua, la répression s’intensifie

2 novembre 2021

À quelques jours avant les élections du 7 novembre, au cours desquelles le président Daniel Ortega tentera de se faire réélire après avoir emprisonné ses principaux rivaux politiques, le gouvernement nicaraguayen continue de violer le droit à la liberté d’expression et d’information en interdisant aux journalistes de quitter le pays et en interdisant l’entrée de correspondants et envoyés de divers médias internationaux.

Photo : La journaliste Kalua Salazar, à nouveau sous le joug de la police

La journaliste Kalua Salazar, directrice de Radio La Costeñísima dans la ville de Bluefields (Surcaribe), a rapporté que durant la nuit du 28 octobre 2021, des policiers armés sont venus chez elle et ont pris des photos des caméras de sécurité installées à l’extérieur.

Ortega interdit l’entrée dans son pays d’un journaliste hondurien

Le 26 octobre, une équipe du journal hondurien El Heraldo, dirigée par le journaliste Carlos Pineda, s’apprêtait à entrer au Nicaragua pour couvrir les élections du 7 novembre et a été retenue à la frontière par les services d’immigration nicaraguayens.

Sergio Ramírez reçoit le prix du Circulo de las Letras (Cercle des lettres) de Madrid

L’écrivain nicaraguayen Sergio Ramírez, lauréat du prix littéraire Cervantes en 2017, a reçu la médaille d’or du Círculo de Bellas Artes à Madrid le 25 octobre, lors d'une cérémonie au cours de laquelle il a dénoncé les atteintes à la liberté d'expression et de pensée du gouvernement de Daniel Ortega.

« J’ai été condamné pour mes paroles, pour le fait d’écrire, pour avoir montré la réalité d’un pays soumis à la violence de la tyrannie », a déclaré le romancier primé. Persécuté par le régime, il a choisi de s’établir en Espagne, où le gouvernement lui a octroyé la citoyenneté il y a trois ans.

PEN Proteste / Le Jour des morts 2021

Cette semaine, dans le cadre du Jour des morts et de la Journée internationale de la fin de l’impunité pour les crimes commis contre les journalistes, PEN International tient sa campagne PEN Proteste aux côtés des centres PEN des Amériques afin de se souvenir des journalistes tués pour leur travail et pour demander aux gouvernements d’Amérique latine de mettre fin à l’impunité et aux attaques contre des journalistes dans les pays de la région, permettant le libre exercice du journalisme, de la dissidence et de l’opinion.•


La traduction : Annie Pénélope Dussault




5 octobre 2021

La situation des libertés publiques demeure critique au Nicaragua, un mois avant l’élection au cours de laquelle le président Daniel Ortega tentera de se faire réélire pour un troisième mandat consécutif, après avoir envoyé en prison ses rivaux et des dirigeants de l’opposition. Au moins 155 personnes demeurent emprisonnées pour des raisons politiques, ce qui inclut six journalistes et communicateurs qui ont été incarcérés au cours des quatre derniers mois.

Dans le cadre de sa stratégie de contrôle social et de répression, le gouvernement maintient les restrictions migratoires envers les personnes liées à l’opposition, les proches de prisonniers politiques et les journalistes indépendants dont les passeports ont été confisqués, les empêchant ainsi de quitter le pays.


Juan Lorenzo Holmann Chamorro et Henry Constantín Ferreiro

Prix de la liberté de la presse 2021 attribué à Juan Lorenzo Holmann

Le 1er octobre, l’association interaméricaine de la presse, l’IAPA (Inter American Press Association) a octroyé le Grand Prix de liberté de la presse 2021 au journaliste Juan Lorenzo Holmann Chamorro, directeur général du quotidien nicaraguayen La Prensa, incarcéré depuis le 14 août par le gouvernement de Daniel Ortega.

Le même prix a été décerné au journaliste cubain Henry Constantín Ferreiro, rédacteur en chef de la revue La Hora de Cuba, qui a été emprisonné et détenu en secret pendant dix jours après son arrestation le 11 juillet.

Le journaliste Mauricio Madrigal empêché de quitter le pays

Le journaliste Mauricio Madrigal, chef de presse de l’émission d’information Acción 10 présentée au canal 10 (télévision indépendante), a été détenu par des agents d’immigration à l’aéroport international Sandino de Managua le 29 septembre, alors qu’il s’apprêtait à quitter le pays pour un voyage d’affaires aux États-Unis. •

Traduction: Dominique Gaucher, Coordonnatrice, PEN Quebec

Nouvelles arrestations et comparutions de journalistes

28 juillet 2021

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Le commentateur Jaime Arellano est arrêté

Samedi 24 juillet, le commentateur politique Jaime Arellano a été placé en résidence surveillée par la police nationale, qui a ouvert une enquête pour des « actes présumés portant atteinte à l'indépendance, à la souveraineté et à l'autodétermination pour avoir incité l'ingérence étrangère dans les affaires intérieures ».

Également pour "avoir demandé des interventions militaires, s'être organisé avec des financements de puissances étrangères pour commettre des actes de terrorisme et de déstabilisation, proposer des blocus économiques et commerciaux", selon le rapport de police. Ces délits sont établis dans la loi 1055 et sont les mêmes que ceux dont plus de 20 opposants, arrêtés ces dernières semaines, ont été accusés.

Jaime Arellano, un communicateur connu pour ses positions critiques à l'égard du gouvernement, était candidat potentiel au poste de député de la coalition Citoyens pour la liberté (CXL) et a été détenu en même temps que le politicien conservateur Noel Vidaurre, le septième candidat présidentiel arrêté depuis juin dernier.

Les convocations de journalistes au parquet se poursuivent

Le 27 juillet 2021, la journaliste Verónica Chávez, ancienne directrice exécutive de 100% Noticias et épouse du journaliste emprisonné Miguel Mora, a comparu pour la deuxième fois devant le parquet après avoir été appelée à témoigner dans le cadre d'une enquête pour blanchiment d'argent présumé contre la Fondation Violeta Barrios de Chamorro. Plus de 33 journalistes ont été convoqués par le ministère public.

Chávez a déclaré qu'elle avait répondu à toutes les questions qu'ils lui avaient posées et a répété qu'elle et son mari "n'ont pas commis de délits". Elle a ajouté qu'après la nouvelle arrestation de Miguel Mora, il y a un peu plus d'un mois, elle est chargée de s'occuper de son fils, qui a un handicap.

Mora a été emprisonné pour la première fois en décembre 2018, lorsque la police a occupé et fermé la chaîne de télévision 100% Noticias, appartenant au couple de journalistes. A cette occasion, l'attachée de presse de la chaîne de télévision, Lucía Pineda Ubau, qui vit désormais au Costa Rica pour des raisons de sécurité, a également été arrêtée. Le bâtiment de la chaîne 100% Noticias a été confisqué par le gouvernement, mais le media continue de fonctionner sur toutes ses plateformes numériques.•

© traduction Alix Parodi PEN Suisse Romand

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Déplacement forcé de journalistes; la loi spéciale sur la cybercriminalité menace les médias indépendants

5 juillet 2021

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Une quarantaine de journalistes et de communicateurs indépendants ont été convoqués le mois dernier pour témoigner devant le procureur, pour la plupart dans le cadre d’enquêtes portant sur le cas présumé de blanchiment d’argent dans lequel le régime de Daniel Ortega prétend impliquer la Fondation Violeta Barrios de Chamorro (FVBCH).

Parmi les professionnels de la communication cités ces jours derniers, selon un journaliste, il y a le cas du poète et directeur de Radio Camoapa, Juan Carlos Duarte, qui s’est présenté pour témoigner le 25 juin 2021.

"C’était une entrevue de base pour honorer une obligation : on m’a posé des questions sur la relation avec la FVBCH, la formation, le renforcement des connaissances, les bourses; nous n’avons absolument rien fait de mal, ce que nous avons affirmé colle à la vérité", a dit Duarte.

Georgina Ruiz, représentante du Centre nicaraguayen pour les droits de la personne (CENIDH), a indiqué que les questions posées à Duarte par les procureurs étaient illégales. "C’étaient des questions précises sur son travail en tant que journaliste; il a répondu à toutes les questions posées et, évidemment, comme il l’a mentionné, il y a la possibilité, comme dans toute procédure d’enquête, d’aller en appel."

Détérioration de la démocratie

La présidente de la Commission interaméricaine pour les droits de la personne (CIDH), Antonia Urrejola, a donné l’alerte le 30 juin 2021 sur le risque d’ "asphyxie intense" que l’on fait courir aux libertés civiles et politiques au Nicaragua, depuis l’arrestation de 21 personnes liées à l’opposition, dont cinq candidats à la présidence aux élections du 7 novembre.

Exil forcé pour les communicateurs

Un nombre indéterminé de journalistes indépendants ont dû quitter le Nicaragua ces dernières semaines, en raison du harcèlement et des menaces de la part du gouvernement, comme l’ont révélé plusieurs communicateurs sur les réseaux sociaux.

Le président du Parlement nicaraguayen fait peser des menaces sur les médias

Le 4 juillet 2021, le président de l’Assemblée nationale du Nicaragua, Gustavo Porras, a menacé d’appliquer strictement la loi 1042, loi spéciale sur la cybercriminalité, contre les journalistes et les médias indépendants qui "désinforment et agissent contre le pays et les personnes".

Solidarité internationale

Le 5 juillet 2021, le Centre du PEN des écrivains cubains en exil et la Fondation Festival international de poésie (FIPMI II) montrent leur soutien aux écrivains et journalistes nicaraguayens dans une lettre. Lisez la lettre grâce au lien suivant: https://pen-international.org/...

© traduction: Jean-Pierre Pelletier

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