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Œil sur le Nicaragua

mardi 23 novembre 2021 - 10:30am

Eye On Nicaragua

PEN International et les Centres PEN Amérique, Argentine et San Miguel de Allende, avec le soutien des Centres PEN sur le continent, forment l'Observatoire « Ojo en Nicaragua », un espace où sont affichées et enregistrées les tentatives de censure du gouvernement du Nicaragua.



À quelques jours des élections au Nicaragua, la répression s’intensifie

2 novembre 2021

À quelques jours avant les élections du 7 novembre, au cours desquelles le président Daniel Ortega tentera de se faire réélire après avoir emprisonné ses principaux rivaux politiques, le gouvernement nicaraguayen continue de violer le droit à la liberté d’expression et d’information en interdisant aux journalistes de quitter le pays et en interdisant l’entrée de correspondants et envoyés de divers médias internationaux.

Photo : La journaliste Kalua Salazar, à nouveau sous le joug de la police

La journaliste Kalua Salazar, directrice de Radio La Costeñísima dans la ville de Bluefields (Surcaribe), a rapporté que durant la nuit du 28 octobre 2021, des policiers armés sont venus chez elle et ont pris des photos des caméras de sécurité installées à l’extérieur.

Ortega interdit l’entrée dans son pays d’un journaliste hondurien

Le 26 octobre, une équipe du journal hondurien El Heraldo, dirigée par le journaliste Carlos Pineda, s’apprêtait à entrer au Nicaragua pour couvrir les élections du 7 novembre et a été retenue à la frontière par les services d’immigration nicaraguayens.

Sergio Ramírez reçoit le prix du Circulo de las Letras (Cercle des lettres) de Madrid

L’écrivain nicaraguayen Sergio Ramírez, lauréat du prix littéraire Cervantes en 2017, a reçu la médaille d’or du Círculo de Bellas Artes à Madrid le 25 octobre, lors d'une cérémonie au cours de laquelle il a dénoncé les atteintes à la liberté d'expression et de pensée du gouvernement de Daniel Ortega.

« J’ai été condamné pour mes paroles, pour le fait d’écrire, pour avoir montré la réalité d’un pays soumis à la violence de la tyrannie », a déclaré le romancier primé. Persécuté par le régime, il a choisi de s’établir en Espagne, où le gouvernement lui a octroyé la citoyenneté il y a trois ans.

PEN Proteste / Le Jour des morts 2021

Cette semaine, dans le cadre du Jour des morts et de la Journée internationale de la fin de l’impunité pour les crimes commis contre les journalistes, PEN International tient sa campagne PEN Proteste aux côtés des centres PEN des Amériques afin de se souvenir des journalistes tués pour leur travail et pour demander aux gouvernements d’Amérique latine de mettre fin à l’impunité et aux attaques contre des journalistes dans les pays de la région, permettant le libre exercice du journalisme, de la dissidence et de l’opinion.•


La traduction : Annie Pénélope Dussault




5 octobre 2021

La situation des libertés publiques demeure critique au Nicaragua, un mois avant l’élection au cours de laquelle le président Daniel Ortega tentera de se faire réélire pour un troisième mandat consécutif, après avoir envoyé en prison ses rivaux et des dirigeants de l’opposition. Au moins 155 personnes demeurent emprisonnées pour des raisons politiques, ce qui inclut six journalistes et communicateurs qui ont été incarcérés au cours des quatre derniers mois.

Dans le cadre de sa stratégie de contrôle social et de répression, le gouvernement maintient les restrictions migratoires envers les personnes liées à l’opposition, les proches de prisonniers politiques et les journalistes indépendants dont les passeports ont été confisqués, les empêchant ainsi de quitter le pays.


Juan Lorenzo Holmann Chamorro et Henry Constantín Ferreiro

Prix de la liberté de la presse 2021 attribué à Juan Lorenzo Holmann

Le 1er octobre, l’association interaméricaine de la presse, l’IAPA (Inter American Press Association) a octroyé le Grand Prix de liberté de la presse 2021 au journaliste Juan Lorenzo Holmann Chamorro, directeur général du quotidien nicaraguayen La Prensa, incarcéré depuis le 14 août par le gouvernement de Daniel Ortega.

Le même prix a été décerné au journaliste cubain Henry Constantín Ferreiro, rédacteur en chef de la revue La Hora de Cuba, qui a été emprisonné et détenu en secret pendant dix jours après son arrestation le 11 juillet.

Le journaliste Mauricio Madrigal empêché de quitter le pays

Le journaliste Mauricio Madrigal, chef de presse de l’émission d’information Acción 10 présentée au canal 10 (télévision indépendante), a été détenu par des agents d’immigration à l’aéroport international Sandino de Managua le 29 septembre, alors qu’il s’apprêtait à quitter le pays pour un voyage d’affaires aux États-Unis. •

Traduction: Dominique Gaucher, Coordonnatrice, PEN Quebec

Nouvelles arrestations et comparutions de journalistes

28 juillet 2021

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Le commentateur Jaime Arellano est arrêté

Samedi 24 juillet, le commentateur politique Jaime Arellano a été placé en résidence surveillée par la police nationale, qui a ouvert une enquête pour des « actes présumés portant atteinte à l'indépendance, à la souveraineté et à l'autodétermination pour avoir incité l'ingérence étrangère dans les affaires intérieures ».

Également pour "avoir demandé des interventions militaires, s'être organisé avec des financements de puissances étrangères pour commettre des actes de terrorisme et de déstabilisation, proposer des blocus économiques et commerciaux", selon le rapport de police. Ces délits sont établis dans la loi 1055 et sont les mêmes que ceux dont plus de 20 opposants, arrêtés ces dernières semaines, ont été accusés.

Jaime Arellano, un communicateur connu pour ses positions critiques à l'égard du gouvernement, était candidat potentiel au poste de député de la coalition Citoyens pour la liberté (CXL) et a été détenu en même temps que le politicien conservateur Noel Vidaurre, le septième candidat présidentiel arrêté depuis juin dernier.

Les convocations de journalistes au parquet se poursuivent

Le 27 juillet 2021, la journaliste Verónica Chávez, ancienne directrice exécutive de 100% Noticias et épouse du journaliste emprisonné Miguel Mora, a comparu pour la deuxième fois devant le parquet après avoir été appelée à témoigner dans le cadre d'une enquête pour blanchiment d'argent présumé contre la Fondation Violeta Barrios de Chamorro. Plus de 33 journalistes ont été convoqués par le ministère public.

Chávez a déclaré qu'elle avait répondu à toutes les questions qu'ils lui avaient posées et a répété qu'elle et son mari "n'ont pas commis de délits". Elle a ajouté qu'après la nouvelle arrestation de Miguel Mora, il y a un peu plus d'un mois, elle est chargée de s'occuper de son fils, qui a un handicap.

Mora a été emprisonné pour la première fois en décembre 2018, lorsque la police a occupé et fermé la chaîne de télévision 100% Noticias, appartenant au couple de journalistes. A cette occasion, l'attachée de presse de la chaîne de télévision, Lucía Pineda Ubau, qui vit désormais au Costa Rica pour des raisons de sécurité, a également été arrêtée. Le bâtiment de la chaîne 100% Noticias a été confisqué par le gouvernement, mais le media continue de fonctionner sur toutes ses plateformes numériques.•

© traduction Alix Parodi PEN Suisse Romand

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Déplacement forcé de journalistes; la loi spéciale sur la cybercriminalité menace les médias indépendants

5 juillet 2021

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Une quarantaine de journalistes et de communicateurs indépendants ont été convoqués le mois dernier pour témoigner devant le procureur, pour la plupart dans le cadre d’enquêtes portant sur le cas présumé de blanchiment d’argent dans lequel le régime de Daniel Ortega prétend impliquer la Fondation Violeta Barrios de Chamorro (FVBCH).

Parmi les professionnels de la communication cités ces jours derniers, selon un journaliste, il y a le cas du poète et directeur de Radio Camoapa, Juan Carlos Duarte, qui s’est présenté pour témoigner le 25 juin 2021.

"C’était une entrevue de base pour honorer une obligation : on m’a posé des questions sur la relation avec la FVBCH, la formation, le renforcement des connaissances, les bourses; nous n’avons absolument rien fait de mal, ce que nous avons affirmé colle à la vérité", a dit Duarte.

Georgina Ruiz, représentante du Centre nicaraguayen pour les droits de la personne (CENIDH), a indiqué que les questions posées à Duarte par les procureurs étaient illégales. "C’étaient des questions précises sur son travail en tant que journaliste; il a répondu à toutes les questions posées et, évidemment, comme il l’a mentionné, il y a la possibilité, comme dans toute procédure d’enquête, d’aller en appel."

Détérioration de la démocratie

La présidente de la Commission interaméricaine pour les droits de la personne (CIDH), Antonia Urrejola, a donné l’alerte le 30 juin 2021 sur le risque d’ "asphyxie intense" que l’on fait courir aux libertés civiles et politiques au Nicaragua, depuis l’arrestation de 21 personnes liées à l’opposition, dont cinq candidats à la présidence aux élections du 7 novembre.

Exil forcé pour les communicateurs

Un nombre indéterminé de journalistes indépendants ont dû quitter le Nicaragua ces dernières semaines, en raison du harcèlement et des menaces de la part du gouvernement, comme l’ont révélé plusieurs communicateurs sur les réseaux sociaux.

Le président du Parlement nicaraguayen fait peser des menaces sur les médias

Le 4 juillet 2021, le président de l’Assemblée nationale du Nicaragua, Gustavo Porras, a menacé d’appliquer strictement la loi 1042, loi spéciale sur la cybercriminalité, contre les journalistes et les médias indépendants qui "désinforment et agissent contre le pays et les personnes".

Solidarité internationale

Le 5 juillet 2021, le Centre du PEN des écrivains cubains en exil et la Fondation Festival international de poésie (FIPMI II) montrent leur soutien aux écrivains et journalistes nicaraguayens dans une lettre. Lisez la lettre grâce au lien suivant: https://pen-international.org/...

© traduction: Jean-Pierre Pelletier

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