PEN International © 2017
Terms & Conditions | Privacy Statement

Œil sur le Nicaragua

mardi 20 septembre 2022 - 10:30am

Eye On Nicaragua

PEN International et les Centres PEN Amérique, Argentine et San Miguel de Allende, avec le soutien des Centres PEN sur le continent, forment l'Observatoire « Ojo en Nicaragua », un espace où sont affichées et enregistrées les tentatives de censure du gouvernement du Nicaragua.


À partir du 10 août 2021, Fundamedios rejoint l'Observatoire international "Ojo con Nicaragua". Fundamedios est une organisation engagée dans la promotion de la liberté d'expression, le suivi des attaques et des risques encourus par les journalistes et la défense des droits de l'homme depuis 2007 en Amérique latine. En décembre 2017, Fundamedios a reçu le prix franco-allemand pour les droits de l'homme et l'État de droit.


Fundamedios.png#asset:10190


Ortega continue d’étouffer avec plus d’intensité la liberté d’expression


Le mois de septembre a commencé au Nicaragua avec de nouvelles fermetures de médias, l’exil de journalistes et la fermeture d’organisations non gouvernementales (ONG), tandis que le gouvernement montrait pour la première fois quelque 27 prisonnières et prisonniers politiques détenus dans la prison de la police d’El Chipote et dont les familles avaient dénoncé la détérioration progressive de la santé.

Un journaliste en exil dont la chaîne de télévision a été fermée

Le journaliste nicaraguayen, David Mendoza, propriétaire de la chaîne de télévision fermée RB3, de la ville nordique de Río Blanco, a quitté le Nicaragua à la fin du mois d’août et a demandé l’asile aux États-Unis, comme l’a rapporté la presse. Mendoza a déclaré avoir traversé le Río Bravo (frontière entre le Mexique et les États-Unis) le 30 août dernier avec sa femme et son fils de 10 ans.

Le directeur de la chaîne populaire RB3 a dénoncé, le 2 août dernier, la fermeture de sa chaîne par l’Institut des Télécommunications, dans le cadre de la fermeture de près d’une douzaine de médias indépendants. Mendoza a fondé il y a 18 ans cette chaîne, qui est devenue une référence pour une vaste population rurale du nord du Nicaragua.

Fermeture d’une autre station de radio de l’Église catholique

Le 23 août dernier, quelques heures après que le clergé du diocèse d’Estelí (nord) eut condamné dans un communiqué la répression par le gouvernement de l’Église catholique, l’Institut des Télécommunications et des Postes (Telcor) a annulé le permis de diffusion de Radio Stereo Fe (Radio Stéréo Foi), qui appartenait à ce diocèse et transmettait des contenus religieux dans le nord du Nicaragua.

La publicité d’État répartie entre famille et « fidèles »

Une enquête de la publication indépendante Expediente Público a révélé que depuis le premier semestre de 2022, le gouvernement nicaraguayen a dépensé plus de 180 000 dollars pour « récompenser » les agences de publicité, les journalistes et les médias officiels.

Le gouvernement montre des prisonnières et des prisonniers politiques

Les deux derniers jours du mois d’août et le 1er septembre, le gouvernement nicaraguayen a montré pour la première fois 27 opposants emprisonnés dans la redoutable prison de la police d’El Chipote, dont les familles avaient déclaré qu’ils souffraient de la faim, d’isolement et de maladies diverses non traitées.

Les détenus ont été conduits un par un au siège des tribunaux de Managua, pour de prétendues audiences dites « à titre d’information » qui n’existent pas en tant que telles dans le règlement judiciaire, selon des experts consultés.

Pour la sociologue Sara Henríquez, défenseure des droits de l’homme et exilée, Ortega a montré les détenus pour disqualifier les plaintes des membres des familles qui affirmaient que la vie des détenus était en danger. « Mais il a obtenu le résultat inverse, car ces photos et vidéos n’ont fait que réaffirmer qu’ils étaient torturés, en isolement et affamés », a-t-elle déclaré.

Le mois d’août, celui qui compte le plus d’arrestations politiques de l’année 2022

Entre le 1er et le 28 août, 31 arrestations arbitraires ont été signalées, dont 15 pour des « motifs politiques ». Sur les 15 citoyens encore détenus, il en reste huit, parmi lesquels on compte Mgr Rolando Álvarez, évêque de Matagalpa et administrateur apostolique du diocèse d’Estelí, qui se trouve actuellement chez lui en résidence surveillée depuis le 19 août.

Le nombre de prisonniers d’opinion passe à 205

De ce nombre, 195 ont été capturés au cours des quatre dernières années, à la suite des manifestations d’avril 2018, et 10 étaient déjà en prison. Selon le même rapport, 20 des 205 prisonniers politiques sont des femmes.

1775 ONG ont été fermées au Nicaragua

« Cela renforce les fermetures arbitraires d’organisations de développement communautaire, de femmes, environnementales, autochtones, autonomes, de promotion sociale et de droits politiques qui s’occupaient des secteurs les plus vulnérables du pays », a dénoncé l’organisme de défense des droits de l’homme « Nicaragua No Más », créé au Costa Rica par des défenseurs nicaraguayens contraints à l’exil.

Traduction : Jean-Pierre Pelletier


Ortega assiège l’Église catholique

9 août 2022

La dernière quinzaine a été marquée par une escalade de la campagne visant à persécuter la presse indépendante, ainsi que l’Église catholique, ce qui s’est concrétisé par la fermeture de 11 médias, dont sept étaient des stations de radio liées au diocèse de Matagalpa (nord) dirigé par l’évêque Rolando Álvarez, l’une des voix les plus critiques du gouvernement.

La poète Gioconda Belli bannie du festival littéraire en Espagne

La poète et romancière Gioconda Belli, présidente de PEN Nicaragua, a dénoncé le fait que le régime d’Ortega, par l’intermédiaire de son ambassade en Espagne, pays où elle est exilée, a opposé son veto à sa participation au festival culturel « Celebremos Iberoamérica » (Célébrons l’Amérique ibérique).

Traduction : Jean-Pierre Pelletier

L’Église catholique est toujours assiégée et la fermeture massive des médias persiste

  • 23 août 2022

Censura en los medios de comunicación - Censura en los medios de comunicación

Après 15 jours de captivité dans la Curie épiscopale de Matagalpa (nord), où il a été encerclé et menacé par la police, Mgr Rolando Álvarez a été transféré à Managua et assigné à résidence, tandis que les six prêtres et les deux séminaristes qui l’accompagnaient étaient emmenés à la prison de la police d’El Chipote pour y faire l’objet d’une enquête.

Dans le cadre de sa stratégie dont la visée est de réduire au silence les voix dissidentes au Nicaragua, le gouvernement de Daniel Ortega a procédé à la fermeture des médias indépendants suivants :

• Radio Darío, de León — fermé le 12 août;

• NGTV Nueva Guinea, la chaîne 3 — permis retiré le 10 août;

• Radio San Carlos — a cessé de diffuser le 16 août par décret du gouvernement;

• Noticiero La Voz de Rivas - cessation soudaine le 18 août;

• Voces del Sur : l’exode des journalistes se poursuit;

• La crainte de la confiscation complète du journal La Prensa.

La Prensa, le plus ancien quotidien du Nicaragua, a dénoncé une confiscation de facto de ses bâtiments, sa machinerie et ses équipements, le tout étant évalué à quelque 10 millions de dollars.

Traduction : Jean-Pierre Pelletier

La SIP demande la libération de six journalistes-communicateurs en détention

Le 13 juillet, la Société interaméricaine de la presse (SIP) a fait une mise en garde quant à la détérioration de l’état de santé de six journalistes condamnés au Nicaragua à 13 ans de prison et a lancé un appel au régime de Daniel Ortega, responsable du sort de ces derniers, pour leur « libération immédiate ».

Miguel Mora fait la grève de la faim

Le journaliste Miguel Mora, ancien candidat à la présidence prisonnier dans un centre de détention de la police d’El Chipote depuis juin 2021, a entamé une grève de la faim afin d’obtenir du régime d’Ortega qu’il puisse voir son fils et recevoir un exemplaire de la Bible, a rapporté sa femme, Verónica Chavez, elle aussi journaliste.

Ortega interdit l’entrée d’une journaliste et anthropologue guatémaltèque

L’anthropologue, écrivaine et journaliste guatémaltèque, Irma Alicia Velásquez Nimatuj, a été retenue le dimanche 24 juillet par des agents de l’immigration à l’aéroport international du Nicaragua, alors qu’elle s’apprêtait à entrer dans le pays pour assister à un événement académique à Managua.

***D’autres sources d’information***

Un autre prêtre catholique est emprisonné, le second en deux mois

Le prêtre José Leonardo Urbina, qui dirigeait la paroisse du Perpétuel Secours (Perpetuo Socorro), en plus d’être le vicaire épiscopal de Boaco (zone centrale du pays), a été emprisonné et jugé le 14 juillet dernier pour le délit présumé de viol d’une adolescente, tandis que des paroissiens de la localité clamaient son innocence et affirmaient qu’il s’agissait d’un « coup monté » dans le cadre de la campagne de persécution du régime d’Ortega contre l’Église catholique.

L’observatoire électoral Urnas Abiertas (Scrutins libres) dénonce une augmentation de la violence politique

Au moins 385 actes de violence politique ont été relevés au Nicaragua au cours du premier semestre de cette année, selon une analyse de l’observatoire citoyen électoral Urnas Abiertas, présentée le 26 juillet.

Selon l’observatoire, 5 cas sur 10 concernent le fait d’être assiégé ou de subir du harcèlement (199) et les autres sont classés comme poursuites judiciaires (42), mesures administratives (40), voies de fait (37), torture et mauvais traitements (31), détention (24), mort (2) et autres (10).

Lien menant vers le rapport complet de Urnas Abiertas : https://cutt.ly/KZurP1s

Traduction : Jean-Pierre Pelletier




Nouvelle attaque officielle contre le quotidien La Prensa

Le 7 juillet 2022, le gouvernement d’Ortega y Murillo a de nouveau attaqué le quotidien La Prensa.

Les directeurs du journal, Mario Sánchez et Carlos Lam, ont été arrêtés et placés en détention provisoire pour une période de trois mois.

La censure s’étend jusqu’aux accidents de la route

Le rapport Violations de la liberté de la presse pour le mois de juin 2022 établi par Voces del Sur, a constaté de nouvelles actions restrictives du gouvernement nicaraguayen contre la presse indépendante, y compris le refus de reportages sur les accidents de la route.

Lire le rapport sur le lien suivant

Gioconda Belli : Daniel Ortega cherche à « tout contrôler »

La poète et romancière Gioconda Belli, présidente du centre PEN du Nicaragua, lequel est fermé pour le moment, a réitéré sa condamnation de la fermeture récente de l’Académie nicaraguayenne de la langue, à laquelle elle appartenait, ainsi que d’autres organisations civiles, et a assuré que l’objectif du régime de Daniel Ortega est de « tout contrôler ».

Par ailleurs, d’autres sources nous apprennent l’expulsion de 18 missionnaires de la Charité de Mère Teresa de Calcutta

Une délégation de 18 religieuses de l’Ordre des Missionnaires de la Charité a été expulsée du Nicaragua le 7 juillet dernier vers le Costa Rica, dans des véhicules escortés par la police des migrations.

Le cortège religieux a été contraint de quitter le Nicaragua après la fermeture inexplicable de l’association, fondée par Mère Teresa de Calcutta au Nicaragua dans les années 1980, sous le premier gouvernement d’Ortega.

La « Caravane pour la vie » empêchée

Un jour après l’expulsion de la délégation des religieuses, le gouvernement a empêché l’entrée d’une délégation de neuf députés de partis de gauche latino-américains qui prétendait vouloir témoigner de la situation de près de 190 prisonniers politiques détenus dans différentes prisons du pays, dont 180 ont été arrêtés après les manifestations de 2018.

Ce même vendredi, la police a occupé les locaux du Centre Humboldt, regroupement écologiste, et de l’organisation non gouvernementale féministe La Corriente.

Traduction : Jean-Pierre Pelletier





Appel à la libération de Miguel Mendoza et Miguel Mora un an après leur emprisonnement

22 juin 2022

  • Les journalistes Miguel Mora et Miguel Mendoza sont détenus arbitrairement depuis un an. Le fondateur de 100% Noticias a été mis en prison pour la deuxième fois le 20 juin 2021. Un jour plus tard, la police a appréhendé le chroniqueur sportif. Tous deux ont été arrêtés lors de la chasse menée par le régime de Daniel Ortega et Rosario Murillo avant les élections présidentielles de novembre dernier.

Voir la vidéo: https://www.facebook.com/nicaraguaactual/videos/5112024198887233

  • La Haute Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Mme Michelle Bachelet, a dénoncéla détérioration continue de la situation au Nicaragua sous le gouvernement de Daniel Ortega, caractérisée par des détentions arbitraires, de la persécution, la fermeture d’ONG et l’exil massif forcé des citoyens du pays.
  • Le gouvernement du Nicaragua a interdit l’entrée de la journaliste nicaraguayenne et états-unienne, Tifani Roberts, du réseau nord-américain Univisión, arguant d’un rejet de son test PCR par les autorités.
  • Le Centre PEN Uruguay a publié une interviewavec le journaliste nicaraguayen Wilfredo Milranda, dans laquelle il évoque la situation du journalisme au Nicaragua.

Traduction : Jean-Pierre Pelletier




L’ambassadeur du Nicaragua auprès de l’Organisation des États américains (OEA) dénonce publiquement Ortega


Dans un discours inattendu, l’ambassadeur du Nicaragua auprès de l’Organisation des États américains, Arturo McFields, a dénoncé le mercredi 23 mars 2022 son propre gouvernement qu’il a qualifié de « dictature ».

Arturo McFields, journaliste, a été désigné par le président Daniel Ortega comme représentant du pays d’Amérique centrale auprès de l’OEA en octobre 2021. Lors de sa participation à une réunion virtuelle du Conseil permanent, le journaliste a également déclaré qu’il s’exprimait pour défendre « plus de 177 prisonniers politiques et plus de 350 personnes qui ont perdu la vie dans mon pays depuis 2018 » et qu’il le faisait aussi au nom de fonctionnaires forcés de « faire semblant, de pourvoir des postes et de répéter des slogans, parce que s’ils ne le font pas, ils perdent leur emploi ».

McFields a dit qu’il avait peur, mais il a ajouté : « Je dois parler, même si mon avenir et celui de ma famille sont incertains [...] Dénoncer la dictature de mon pays n’est pas facile, mais garder le silence et défendre l’indéfendable est impossible. [...] Depuis 2018, le Nicaragua est devenu le seul pays d’Amérique centrale où il n’y a pas de journaux imprimés, où l’on n’a pas la liberté de publier un simple tweet ou un commentaire sur les réseaux sociaux. Il n’y a pas d’organismes de défense des droits de l’homme. Il n’y en a pas un seul. Ça n’existe pas. Ils ont tous été fermés ou expulsés. Il n’y a pas de partis politiques indépendants, il n’y a pas d’élections crédibles, il n’y a pas de séparation des pouvoirs, mais des pouvoirs de fait », a soutenu McFields.

Condamnation des journalistes Cristiana et Pedro Joaquin Chamorro Barrios

Les journalistes Cristiana et Pedro Joaquin Chamorro Barrios, enfants de l’ancienne présidente Violeta Chamorro (1990-1997), ont été condamnés le lundi 21 mars dans l’ordre à huit et neuf ans de prison après avoir été inculpés pour blanchiment d’argent et autres délits.

Dans la même affaire, Walter Gómez et Marcos Fletes, administrateur et comptable de la Fondation Violeta Chamorro (FVBCH), ont été condamnés à 13 ans de prison, tandis que le chauffeur Pedro Vásquez a été condamné à sept ans de prison. Les trois anciens employés de l’ONG ont également été condamnés à des amendes se chiffrant au-delà d’un million de dollars.

Ouverture d’un procès contre le directeur du quotidien La Prensa

Le lundi 21 mars s’est ouvertle procès du directeur général du quotidien La Prensa, Juan Lorenzo Holmann Chamorro, détenu depuis le 14 août 2021, le lendemain du jour où le gouvernement de Daniel Ortega a ouvert une enquête sur le soi-disant blanchiment d’argent du journal.

Le Centre nicaraguayen des droits de l’homme (CENIDH) a exigé la libération immédiate de Holmann et a fait savoir qu’il était « gravement malade ».

Traduction : Jean-Pierre Pelletier



Révision : Nora Atalla





À quelques jours des élections au Nicaragua, la répression s’intensifie

2 novembre 2021

À quelques jours avant les élections du 7 novembre, au cours desquelles le président Daniel Ortega tentera de se faire réélire après avoir emprisonné ses principaux rivaux politiques, le gouvernement nicaraguayen continue de violer le droit à la liberté d’expression et d’information en interdisant aux journalistes de quitter le pays et en interdisant l’entrée de correspondants et envoyés de divers médias internationaux.

Photo : La journaliste Kalua Salazar, à nouveau sous le joug de la police

La journaliste Kalua Salazar, directrice de Radio La Costeñísima dans la ville de Bluefields (Surcaribe), a rapporté que durant la nuit du 28 octobre 2021, des policiers armés sont venus chez elle et ont pris des photos des caméras de sécurité installées à l’extérieur.

Ortega interdit l’entrée dans son pays d’un journaliste hondurien

Le 26 octobre, une équipe du journal hondurien El Heraldo, dirigée par le journaliste Carlos Pineda, s’apprêtait à entrer au Nicaragua pour couvrir les élections du 7 novembre et a été retenue à la frontière par les services d’immigration nicaraguayens.

Sergio Ramírez reçoit le prix du Circulo de las Letras (Cercle des lettres) de Madrid

L’écrivain nicaraguayen Sergio Ramírez, lauréat du prix littéraire Cervantes en 2017, a reçu la médaille d’or du Círculo de Bellas Artes à Madrid le 25 octobre, lors d'une cérémonie au cours de laquelle il a dénoncé les atteintes à la liberté d'expression et de pensée du gouvernement de Daniel Ortega.

« J’ai été condamné pour mes paroles, pour le fait d’écrire, pour avoir montré la réalité d’un pays soumis à la violence de la tyrannie », a déclaré le romancier primé. Persécuté par le régime, il a choisi de s’établir en Espagne, où le gouvernement lui a octroyé la citoyenneté il y a trois ans.

PEN Proteste / Le Jour des morts 2021

Cette semaine, dans le cadre du Jour des morts et de la Journée internationale de la fin de l’impunité pour les crimes commis contre les journalistes, PEN International tient sa campagne PEN Proteste aux côtés des centres PEN des Amériques afin de se souvenir des journalistes tués pour leur travail et pour demander aux gouvernements d’Amérique latine de mettre fin à l’impunité et aux attaques contre des journalistes dans les pays de la région, permettant le libre exercice du journalisme, de la dissidence et de l’opinion.•


La traduction : Annie Pénélope Dussault




5 octobre 2021

La situation des libertés publiques demeure critique au Nicaragua, un mois avant l’élection au cours de laquelle le président Daniel Ortega tentera de se faire réélire pour un troisième mandat consécutif, après avoir envoyé en prison ses rivaux et des dirigeants de l’opposition. Au moins 155 personnes demeurent emprisonnées pour des raisons politiques, ce qui inclut six journalistes et communicateurs qui ont été incarcérés au cours des quatre derniers mois.

Dans le cadre de sa stratégie de contrôle social et de répression, le gouvernement maintient les restrictions migratoires envers les personnes liées à l’opposition, les proches de prisonniers politiques et les journalistes indépendants dont les passeports ont été confisqués, les empêchant ainsi de quitter le pays.


Juan Lorenzo Holmann Chamorro et Henry Constantín Ferreiro

Prix de la liberté de la presse 2021 attribué à Juan Lorenzo Holmann

Le 1er octobre, l’association interaméricaine de la presse, l’IAPA (Inter American Press Association) a octroyé le Grand Prix de liberté de la presse 2021 au journaliste Juan Lorenzo Holmann Chamorro, directeur général du quotidien nicaraguayen La Prensa, incarcéré depuis le 14 août par le gouvernement de Daniel Ortega.

Le même prix a été décerné au journaliste cubain Henry Constantín Ferreiro, rédacteur en chef de la revue La Hora de Cuba, qui a été emprisonné et détenu en secret pendant dix jours après son arrestation le 11 juillet.

Le journaliste Mauricio Madrigal empêché de quitter le pays

Le journaliste Mauricio Madrigal, chef de presse de l’émission d’information Acción 10 présentée au canal 10 (télévision indépendante), a été détenu par des agents d’immigration à l’aéroport international Sandino de Managua le 29 septembre, alors qu’il s’apprêtait à quitter le pays pour un voyage d’affaires aux États-Unis. •

Traduction: Dominique Gaucher, Coordonnatrice, PEN Quebec

Nouvelles arrestations et comparutions de journalistes

28 juillet 2021

Nicaragua-2807.jpg#asset:10158

Le commentateur Jaime Arellano est arrêté

Samedi 24 juillet, le commentateur politique Jaime Arellano a été placé en résidence surveillée par la police nationale, qui a ouvert une enquête pour des « actes présumés portant atteinte à l'indépendance, à la souveraineté et à l'autodétermination pour avoir incité l'ingérence étrangère dans les affaires intérieures ».

Également pour "avoir demandé des interventions militaires, s'être organisé avec des financements de puissances étrangères pour commettre des actes de terrorisme et de déstabilisation, proposer des blocus économiques et commerciaux", selon le rapport de police. Ces délits sont établis dans la loi 1055 et sont les mêmes que ceux dont plus de 20 opposants, arrêtés ces dernières semaines, ont été accusés.

Jaime Arellano, un communicateur connu pour ses positions critiques à l'égard du gouvernement, était candidat potentiel au poste de député de la coalition Citoyens pour la liberté (CXL) et a été détenu en même temps que le politicien conservateur Noel Vidaurre, le septième candidat présidentiel arrêté depuis juin dernier.

Les convocations de journalistes au parquet se poursuivent

Le 27 juillet 2021, la journaliste Verónica Chávez, ancienne directrice exécutive de 100% Noticias et épouse du journaliste emprisonné Miguel Mora, a comparu pour la deuxième fois devant le parquet après avoir été appelée à témoigner dans le cadre d'une enquête pour blanchiment d'argent présumé contre la Fondation Violeta Barrios de Chamorro. Plus de 33 journalistes ont été convoqués par le ministère public.

Chávez a déclaré qu'elle avait répondu à toutes les questions qu'ils lui avaient posées et a répété qu'elle et son mari "n'ont pas commis de délits". Elle a ajouté qu'après la nouvelle arrestation de Miguel Mora, il y a un peu plus d'un mois, elle est chargée de s'occuper de son fils, qui a un handicap.

Mora a été emprisonné pour la première fois en décembre 2018, lorsque la police a occupé et fermé la chaîne de télévision 100% Noticias, appartenant au couple de journalistes. A cette occasion, l'attachée de presse de la chaîne de télévision, Lucía Pineda Ubau, qui vit désormais au Costa Rica pour des raisons de sécurité, a également été arrêtée. Le bâtiment de la chaîne 100% Noticias a été confisqué par le gouvernement, mais le media continue de fonctionner sur toutes ses plateformes numériques.•

© traduction Alix Parodi PEN Suisse Romand

centros-pen-logos.jpg#asset:9797


Déplacement forcé de journalistes; la loi spéciale sur la cybercriminalité menace les médias indépendants

5 juillet 2021

Ley-Ciberdelitos-Nicaragua.jpg#asset:10083


Une quarantaine de journalistes et de communicateurs indépendants ont été convoqués le mois dernier pour témoigner devant le procureur, pour la plupart dans le cadre d’enquêtes portant sur le cas présumé de blanchiment d’argent dans lequel le régime de Daniel Ortega prétend impliquer la Fondation Violeta Barrios de Chamorro (FVBCH).

Parmi les professionnels de la communication cités ces jours derniers, selon un journaliste, il y a le cas du poète et directeur de Radio Camoapa, Juan Carlos Duarte, qui s’est présenté pour témoigner le 25 juin 2021.

"C’était une entrevue de base pour honorer une obligation : on m’a posé des questions sur la relation avec la FVBCH, la formation, le renforcement des connaissances, les bourses; nous n’avons absolument rien fait de mal, ce que nous avons affirmé colle à la vérité", a dit Duarte.

Georgina Ruiz, représentante du Centre nicaraguayen pour les droits de la personne (CENIDH), a indiqué que les questions posées à Duarte par les procureurs étaient illégales. "C’étaient des questions précises sur son travail en tant que journaliste; il a répondu à toutes les questions posées et, évidemment, comme il l’a mentionné, il y a la possibilité, comme dans toute procédure d’enquête, d’aller en appel."

Détérioration de la démocratie

La présidente de la Commission interaméricaine pour les droits de la personne (CIDH), Antonia Urrejola, a donné l’alerte le 30 juin 2021 sur le risque d’ "asphyxie intense" que l’on fait courir aux libertés civiles et politiques au Nicaragua, depuis l’arrestation de 21 personnes liées à l’opposition, dont cinq candidats à la présidence aux élections du 7 novembre.

Exil forcé pour les communicateurs

Un nombre indéterminé de journalistes indépendants ont dû quitter le Nicaragua ces dernières semaines, en raison du harcèlement et des menaces de la part du gouvernement, comme l’ont révélé plusieurs communicateurs sur les réseaux sociaux.

Le président du Parlement nicaraguayen fait peser des menaces sur les médias

Le 4 juillet 2021, le président de l’Assemblée nationale du Nicaragua, Gustavo Porras, a menacé d’appliquer strictement la loi 1042, loi spéciale sur la cybercriminalité, contre les journalistes et les médias indépendants qui "désinforment et agissent contre le pays et les personnes".

Solidarité internationale

Le 5 juillet 2021, le Centre du PEN des écrivains cubains en exil et la Fondation Festival international de poésie (FIPMI II) montrent leur soutien aux écrivains et journalistes nicaraguayens dans une lettre. Lisez la lettre grâce au lien suivant: https://pen-international.org/...

© traduction: Jean-Pierre Pelletier

centros-pen-logos.jpg#asset:9797