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Biélorussie : Le PEN demande la libération immédiate des prisonniers politiques

mardi 0 août 2020 - 12:01pm


PEN International
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Seviarynec

Le PEN International, le PEN Biélorussie et 24 centres PEN sont extrêmement inquiets face aux violations systématiques du droit à la liberté d’expression et des autres droits de l’Homme qui sont essentiels pour la participation démocratique des opposants politiques et des voix dissidentes à la campagne électorale de l’élection présidentielle qui doit se tenir en Biélorussie le 9 août 2020.

« À ce jour, en Biélorussie, 24 personnes sont considérées comme des prisonniers politiques », a indiqué Sviatlana Aleksievič (Svetlana Alexievich), président du centre PEN Biélorussie. Parmi elles, se trouvent des blogueurs et des journalistes, des mécènes de la culture – ceux qui en 2020 ont réveillé la société biélorusse et qui, pour la première fois en 26 ans, créent une concurrence sérieuse pour le régime autoritaire de Aliaksandr Lukašenka (Alexander Lukashenko). Aujourd’hui, les écrivains biélorusses sont aux côtés de leur peuple alors que l’Histoire s’écrit dans les rues et sur les places et non dans les bureaux. Le PEN Biélorussie demande aux autorités biélorusses la libération immédiate de tous les prisonniers politiques. Nous demandons le respect de la liberté de parole et des autres droits politiques et espérons la tenue d’une élection libre et juste le 9 août en Biélorussie.

Depuis le début de la campagne électorale actuelle le 6 mai dernier et jusqu’au 31 juillet 2020, 204 activistes politiques, journalistes, blogueurs et participants à des rassemblements pacifistes ont fait l’objet d'arrestation de nature administrative et ont été condamnés à 2 937 jours de détention sur le fondement de dispositions issue d’une législation administrative, utilisées régulièrement pour la persécution politique, sans compter toutes les personnes condamnées à des amendes, selon le Viasna Human Rights Center et le Belarussian Helsinki Committee. Presque 30 personnes ont fait l’objet de poursuites pénales sur des accusations mensongères de crimes économiques ou d’incitation au soulèvement populaire. Parmi ces personnes se trouvent le blogueur Siarhej Cichanoŭski (Syarhei Tsikhanouski) qui avait projeté de se présenter à l’élection présidentielle comme « candidat contestataire » ainsi que d’autres blogueurs qui l’ont soutenu. Selon des sources sûres, Cichanoŭski est détenu dans des conditions inhumaines.

De même, parmi les prisonniers politiques se trouve le journaliste et homme politique Paviel Seviaryniec (Pavel Seviarynets), lauréat du Aleś Adamovič Literary Award en 2007 et du Francišak Aliachnovič Award en 2014. Il a été arrêté près de chez lui après avoir participé à une manifestation préélectorale le 7 juin 2020 et purge maintenant plusieurs peines de prison administratives successives, y compris pour violation des règles relatives à l’organisation et la tenue de rassemblements.

« Nous sommes très inquiets au sujet des conditions de détention de Paviel Seviaryniec et de Siarhej Cichanoŭski » a déclaré Salil Tripathi, président du Comité des Écrivains en Prison au PEN International. « Ainsi, depuis son arrestation, Paviel Seviaryniec a été maintenu à l’isolement et n’a pas été autorisé à voir son avocat ni à recevoir de colis de sa famille. Nous sommes particulièrement préoccupés par les rapports fiables qui font état du traitement cruel et inhumain dont Seviaryniec est l’objet, notamment la privation de sommeil et le refus de satisfaire aux besoins d’hygiène de base, d’avoir des vêtements adéquats et de pratiquer un exercice physique. Seviaryniec doit être libéré immédiatement et sans conditions et les allégations de mauvais traitement à son encontre doivent faire l’objet d’une enquête sérieuse rapidement. »

Le 18 juin, le candidat à l’élection présidentielle Viktar Babaryka, philanthrope et ancien président de Belgazprombank, et son fils Eduard Babaryka, qui a dirigé les plateformes culturelles de crowdsourcing et de fundraising Ulej et MolaMola, ont également été arrêtés. Viktar a été un soutien important des arts et de la littérature en Biélorussie et Eduard, à travers les plateformes qu’il a dirigées et a eu un rôle déterminant en soutenant des projets culturels indépendants.

L’arrestation des candidats présidentiels et de leurs partisans a donné lieu à des manifestations massives au cours desquelles les gens ont demandé la fin des 26 ans de règne du président Lukašenka, la libération des prisonniers politiques et des élections justes. Lors de ces manifestations, plusieurs journalistes ont été frappés par des membres des forces de sécurité et au moins 62 journalistes ont été arrêtés uniquement pour avoir fait leur métier. Ainsi, le journaliste de Radio Svaboda, Anton Trafimovič, a eu le nez cassé pendant sa détention le 15 juillet. De même, des poursuites pénales pour organisation de soulèvements populaires ont été engagées contre Ihar Losik, administrateur de Telegram channel « Belarus Halaunoha Mozhu » (Belarus of the brain) et consultant de Radio Svaboda, détenu dans une prison du KGB depuis le 25 juin.

De plus, la répression à l’encontre des voix dissidentes n’est pas limitée aux personnalités de haut-rang, aux opposants politiques directs et aux journalistes mais s’applique à toute personne qui critique le gouvernement. Par exemple, des guides de musées, des musiciens, des professeurs, des présentateurs de télévision, et beaucoup d’autres professionnels ont perdu leur emploi pour avoir critiqué les autorités.

« Il est clair que lorsque des opposants politiques sont emprisonnés et empêchés de s’exprimer, que des journalistes sont arrêtés pour avoir rendu compte des manifestations et des événements politiques et que des citoyens ordinaires sont sanctionnés pour avoir exprimé leurs opinions pacifiquement, la tenue d’élections libres et justes est impossible » a déclaré Emmanuel Pierrat, président du Comité des Écrivains pour la Paix au PEN International. « Les autorités de Biélorussie doivent mettre fin à la persécution des voix dissidentes pour des motifs politiques et permettre au processus démocratique de se dérouler sans obstruction. »

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