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Bélarus : Les autorités doivent mettre fin de toute urgence à la répression acharnée contre les voix dissidentes

mardi 25 mai 2021 - 9:33am

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25 mai 2021 – Les autorités bélarussiennes doivent mettre fin de toute urgence à leur répression incessante contre les voix indépendantes et critiques, a déclaré aujourd’hui PEN International, alors que les attaques contre les écrivains, les journalistes et les travailleurs culturels au Bélarus se poursuivent sans relâche.

Le 23 mai, Roman Protasevich, blogueur et ancien rédacteur en chef de la chaîne populaire d’opposition NEXTA disponible sur Telegram, a été arrêté par la police bélarussienne après que son vol à destination de la Lituanie a été détourné vers l’Aéroport National de Minsk. Protasevich revenait d’une conférence économique en Grèce à laquelle avait participé la chef de file de l’opposition biélorusse Svetlana Tikhanovskaïa, et s’apprêtait à revenir à Vilnius, en Lituanie, où il vivait en exil. Selon BelTA, l’agence de presse officielle du Bélarus, le président bélarussien Alexander Lukashenko a personnellement donné l’ordre de faire atterrir l’avion suite à une alerte à la bombe. Aucune bombe n’a été trouvée à bord

Roman Protasevich s’est opposé ouvertement à Loukachenko, dont la réélection en août 2020 à la suite d’élections entachées d’irrégularités a déclenché des manifestations de masse qui ont conduit à un nombre sans précédent d’arrestations, de détentions et de passages à tabac par la police. Dans une vidéo diffusée le 24 mai, Protasevich a démenti les informations selon lesquelles il aurait souffert de problèmes de santé depuis son arrestation et a déclaré qu'il « avouait » avoir incité à des émeutes de masse, pour lesquelles il pourrait encourir jusqu’à 15 ans de prison. Il serait détenu au centre de détention n° 1 de Minsk. Le KGB – l’agence de sécurité du Bélarus – a inscrit son nom sur une liste de terroristes, pour laquelle il pourrait encourir la peine de mort. Son arrestation a suscité une condamnation internationale, l’Union européenne ayant rapidement imposé des sanctions sectorielles au Belarus et interdit aux compagnies aériennes de l’Union de survoler le pays.

« L’acte biélorusse est scandaleux, criminel, imprudent et dangereux. Il mérite la plus ferme condamnation. Il est au-delà de toutes les normes de déployer de tels moyens pour s’en prendre à un journaliste. Il est clair que l’administration de Loukachenko ne recule devant rien pour faire taire la dissidence. Les mesures extraordinaires que son gouvernement a prises pour arrêter le blogueur d’opposition Roman Protasevich dépassent l’entendement. Nous demandons d’urgence sa libération immédiate et inconditionnelle et l’abandon de toutes les charges retenues contre lui. L’arrestation choquante de Protasevich envoie non seulement un avertissement terrifiant aux voix indépendantes au Bélarus, mais elle crée également un précédent extrêmement inquiétant pour ceux qui vivent en exil. Elle réécrit en outre les protocoles de l’aviation civile internationale ainsi que le droit international. La communauté internationale doit rester fermement unie pour s’opposer à cet acte de détournement par l’État. Les autorités bélarussiennes doivent mettre fin immédiatement à leurs attaques croissantes contre la liberté d’expression et libérer tous ceux qui sont injustement emprisonnés », a déclaré Salil Tripathi, président du comité des écrivains en prison de PEN International.

L’arrestation de Roman Protasevich est le dernier exemple d’une série d’attaques croissantes contre la liberté d’expression au Bélarus. Le 18 mai, le ministère de l’Information a bloqué accès à TUT.BY, l’un des principaux médias indépendants en ligne du pays, tandis que des agents du Département des enquêtes financières ont fait une descente dans ses bureaux et interrogé plusieurs de ses journalistes dans le cadre d’une enquête criminelle sur des allégations de « grande évasion fiscale » par l’équipe de direction de TUT.BY.

De nombreux écrivains, journalistes et travailleurs culturels ont en outre été victimes d’arrestations arbitraires, de détentions, de licenciements et d’actes de censure ces derniers mois, dans un effort apparent de réprimer la dissidence et punir ceux qui osent dénoncer les violations des droits fondamentaux. PEN International appelle les autorités biélorusses à mettre immédiatement fin à leur assaut croissant contre la sphère culturelle.

Pour plus d’informations concernant le travail de PEN sur le Bélarus, cliquez ici.

Pour plus d’informations, veuillez contacter Aurélia Dondo chez PEN International, Koops Mill, 162-164 Abbey Street, Londres, SE1 2AN, Royaume-Uni, Tél. : +44 (0) 20 7405 0338, Fax : +44 (0) 20 7405 0339, E-mail : Aurelia.dondo@pen-international.orgfspan