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Cinquante ans de Fonds d'Urgence PEN : Des coursiers aux virements bancaires

mercredi 10 janvier 2021 - 0:00pm

Ahmedur Rashid Chowdhury (aka Tutul) receiving the 2016 PEN Pinter International Writer of Courage Award. With Margaret Atwood

Le Fonds d'Urgence PEN a été fondé le 13 janvier 1971 par l'auteur néerlandais A. den Doolaard. La raison d'être du fonds était très concrète : il manquait quelque chose au concept P.E.N., à savoir un soutien financier aux écrivains en situation d'urgence. Les écrivains ont besoin non seulement d'un soutien moral et littéraire, de résolutions et de compréhension, mais aussi d'argent, par exemple, pour fuir ou pour reconstruire leur vie après avoir été maltraités ou détenus. Le fonds apporte une aide aux écrivains, journalistes, rédacteurs et éditeurs professionnels qui ont un besoin urgent d'argent, partout dans le monde, en raison de ce qu'ils ont écrit ou publié.

Aujourd’hui, la plupart des demandes arrivent par l'intermédiaire de l'Équipe de Protection des Écrivains en Danger de PEN International, une équipe de chercheurs expérimentés avec lesquels le fonds coopère étroitement. Il y a aussi des demandes venant d’écrivains en attente d'un placement à long terme avec ICORN. Le travail du conseil d'administration du fonds est bénévole et il n'y a pas de bâtiments à entretenir. Tout l'argent qui arrive ira aux auteurs dans le besoin. Comme l’équipe du conseil d'administration est restreinte - ça c'est une chose important- elle peut agir rapidement et parfois transférer de l'argent le jour même de la demande. Actuellement, le conseil d'administration se compose des membres suivants : René Appel, Job Degenaar (président), Wim Jurg (trésorier) et Paulien Loerts.

Le fonds a connu un très bon départ au début des années 70. Heinrich Böll, l'auteur allemand et président de PEN International, a donné en 1973 une partie de l'argent qu'il a reçu pour son prix Nobel de Littérature. À l'époque, les dons aux écrivains dans le besoin étaient livrés et remis en mains propres par des coursiers des Pays-Bas, parfois d'une manière spéciale. Den Doolaard, par exemple, a envoyé par courrier à un auteur tchèque boycotté la moitié d'une carte à jouer coupée en deux. L'autre moitié a été remise à un coursier qui, dans ce cas, était un auteur néerlandais dont l'œuvre avait été fréquemment traduite. Elle allait remettre son nouveau manuscrit en main propre à l'éditeur (d'État) de Prague et allait rendre visite à un collègue. Lorsque les deux se rencontrèrent et que les deux moitiés de la carte s'emboîtèrent, chacun sut que c'était la bonne personne. Le recours à des coursiers est vite devenu obsolète car il s'est avéré laborieux, long et coûteux. De nos jours, le système bancaire et les courriers électroniques facilitent l'accès rapide et le soutien aux écrivains du monde entier qui sont dans une situation difficile. Ces dernières années, le nombre de demandes est passé de 30 à 35 par an.

Le Fonds a pu fonctionner au fil des années grâce au soutien financier apporté par des organisations et des particuliers généreux comme PEN International, PEN Pays-Bas et ses membres, les centres PEN fidèles du monde entier et des ONG comme LIRA Fund, la Fondation Démocratie et Médias et Oxfam Novib. Depuis 50 ans, le fonds a été d'une grande importance pour les écrivains persécutés et a même sauvé des vies.

Traduit en français par Anne-Laure Thomas