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International: protéger la liberté d'expression lors de l'épidémie de COVID-19

vendredi 20 avril 2020 - 0:01pm

* | Charles Deluvio

À l’heure où la COVID-19 se propage rapidement dans le monde, l’humanité s’est engagée dans une bataille contre un ennemi qui semble pouvoir s’attaquer à n’importe qui, et qui a déjà fait un trop grand nombre de morts. « PEN International déplore les pertes de vies et exprime sa solidarité avec les familles, les proches et les amis des victimes », a déclaré Jennifer Clement, présidente de PEN International. « Malgré la cruauté arbitraire du virus, nous sommes particulièrement inquiets du fait que certains groupes sont plus à risque que d’autres, notamment ceux qui sont au cœur de notre travail. »

PEN International milite pour la libération d’écrivains détenus pour l’exercice de leur droit à la liberté d’expression. La pandémie a rendu leur libération plus essentielle que jamais, puisque les personnes privées de leur liberté peuvent être plus vulnérables à la maladie. En temps de crise, il y a un risque accru de violation des droits de l’homme, alors que des personnes se voient refuser l’accès aux soins médicaux dont elles ont besoin. PEN International redemande à tous les gouvernements de procéder à la libération inconditionnelle des écrivains détenus pour l’expression légitime de leur point de vue.

PEN International assure aussi la protection d’écrivains contraints à l’exil à la suite de persécutions. La pandémie a exacerbé la précarité de plusieurs d’entre eux. Les besoins élémentaires de certains ne sont pas satisfaits, y compris le droit à un toit et à la sécurité. Ces derniers sont plus à risque de contracter la maladie ou de développer des complications graves. D’autres sont confrontés à des défis plus importants dans leur pays d’accueil, alors qu’à divers endroits, l’incertitude économique et la peur associées au virus ont suscité une hausse de la discrimination, de l’intolérance et du discours haineux. De même, pour certains écrivains en exil, l’incapacité à pouvoir compter sur un réseau relationnel peut s’avérer plus problématique dans le contexte présent.

En réaction à la crise, des gouvernements ont eu recours à des mesures qui nuisent et restreignent indûment les droits de l’homme, ce qui inclut les droits à la vie privée et aux libertés d’expression, d’information, d’association et de réunion, au-delà de ce qui est permis par le droit international. Certains gouvernements cherchent à instrumentaliser la crise pour faire taire les voix dissidentes et sévir contre le journalisme indépendant. Or, une presse libre s’est avérée cruciale pour fournir une réponse efficace à la crise sanitaire, en raison de son rôle indispensable pour rendre l’information accessible et favoriser la transparence. Ainsi, tout en reconnaissant l’ampleur des défis, PEN International rappelle qu’en vertu des obligations internationales des États, les restrictions sur les droits de l’homme imposées en période d’urgence doivent satisfaire aux critères de légalité, de nécessité et de proportionnalité; qu’elles ne doivent pas être arbitraires ni discriminatoires; et qu’elles doivent être limitées dans le temps et réexaminées de façon régulière. Durant cette période, PEN International reste déterminé à changer les lois et les politiques de manière à promouvoir la protection et la promotion des droits à la liberté d’expression et d’information.

Jennifer Clement a déclaré : « Nous continuons de croire au fait que la liberté de parole a le pouvoir d’informer et de transformer la société. En ces moments de distanciation physique, la littérature et les histoires nous rapprochent, puisqu’elles permettent l’expression d’émotions complexes et l’établissement d’une compréhension mutuelle. »


Traduction en français par Julien Faille-Lefrançois