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Jour de l’écrivain emprisonné: Enoh Meyomesse

lundi 10 novembre 2014 - 10:35am

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Enoh Meyomesse

Cameroun

Poète, écrivain, historien, activiste politique et président de l’Association nationale des écrivains camerounais

 Pourquoi me traiter de la sorte

pourquoi me traiter de la sorte
parce que je ne suis pas

de votre avis

n’avez-vous pas libéré la parole
n’avez-vous pas libéré les esprits
n’avez-vous pas libéré les âmes
n’avez-vous pas libéré les langues

ô gens du régime
dépositaires du destin de mon peuple
pourquoi me traiter de la sorte
parce que je ne suis pas

de votre avis

Tiré du recueil « Poème Carcéral … Poésie du pénitencier de Kondengui », d’Enoh Moyenmesse, 2012

enoh-meyomesse-1-890x395Le poète camerounais Dieudonné Enoh Meyomesse purge actuellement une peine de sept ans de prison pour complicité alléguée dans des faits de vol et de revente illicite d’or. Voici à présent 15 mois que les avocats de l’écrivain ont réussi à faire appel devant les juridictions civiles : toutefois, l’appel qui aurait dû être entendu le 20 juin 2013 a été reporté, et ce 11 fois au moins depuis son introduction, pour divers détails de procédure. L’écrivain est actuellement incarcéré à la prison centrale de Kondengui, à Yaoundé, la capitale du Cameroun, où la surpopulation et l’extrême dénuement rendent son incarcération particulièrement difficile. Son état de santé est critique, en grande partie dû aux conditions de son incarcération, et souffre notamment d’une maladie dégénérative de l’œil et d’infection gastro-entérite. PEN International pense que les accusations retenues contre Enoh Meyomesse sont motivées par l’agenda politique du gouvernement camerounais et que les vraies raisons de son emprisonnement sont plutôt à chercher du côté de ses écrits critiques à l’égard de ce gouvernement et de son activisme politique : par conséquent, PEN International appelle à sa libération immédiate et inconditionnelle.

 Arrêté le 22 novembre 2011 à l’aéroport international Nsimalen, à Yaoundé, alors qu’il rentrait d’un déplacement à  Singapour, Enoh Meyomesse a été inculpé, ainsi que trois autres hommes, de 1) tentative de coup d’état, 2) possession d’une arme à feu, et 3) vol à main armée. Le lendemain de son arrestation, il a été envoyé à la prison de Bertoua (Province de l’Est), où il a passé les 30 premiers jours de son incarcération en cellule d’isolement et dans le noir complet.

Le 27 décembre 2012, après avoir passé 13 mois en prison, Enoh Meyomesse a été condamné à une peine de sept ans de prison et une peine d’amende de 200 000 CFA (environ 418 USD) pour supposée complicité de vol et de revente illicite d’or. Les trois personnes jugées avec lui auraient été condamnées à des peines allant de deux à neuf ans de prison. Ni témoins ni pièces n’ont été présentés à l’audience, et l’écrivain n’a pas été autorisé à prendre sa propre défense. Selon ses dires, il a été condamné « sans aucune preuve d’agissement illicite mon fait, sans aucun témoin, sans aucun requérant contre moi, et, en plus, après avoir été torture pendant 30 jour par un officier de l’armée. »

Voici à présent 15 mois que les avocats de l’écrivain ont réussi à faire appel devant les juridictions civiles. Toutefois, l’appel qui aurait dû être entendu le 20 juin 2013 a été reporté, et ce 12 fois au moins depuis son introduction, pour divers détails de procédure, le dernier report datant du 16 octobre dernier. L’appel devrait cette fois être entendu le 20 novembre 2014. Tous les espoirs sont permis …

Enoh Meyomesse est actuellement incarcéré à la prison centrale de Kondengui, à Yaoundé, la capitale du Cameroun, où la surpopulation et l’extrême dénuement rendent les conditions d’incarcération particulièrement difficiles : à titre d’exemple, les détenus n’ont qu’un repas par jour. Cliquer ici pour lire ce qu’en dit Enoh Meyomesse dans ses propres mots.

Son ce maintien à l’isolement, dans le noir complet, au commissariat de Bertoua, a très probablement provoqué critique de sa vue aujourd’hui et qui, s’il n’est pas traité de toute urgence, verra l’écrivain devenir aveugle. Il a par ailleurs été hospitalisé à plusieurs reprises depuis qu’il est incarcéré. En mai 2014, il a été transporté à l’infirmerie de la prison, atteint de paludisme et d’amibiase (infection gastro-entérite de type dysentérique). Le 9 septembre dernier, il a été admis à l’hôpital militaire après avoir été retrouvé inconscient sur le sol de sa cellule pour la troisième fois en quelques mois. Il a été immédiatement renvoyé en prison après avoir été soigné, sa demande de remise en liberté conditionnelle ayant été rejetée. Les médecins ont recommandé qu’il suive un régime strict et ne boive que de l’eau minérale, ce qui lui est difficile dans les conditions d’incarcération ambiantes. Il continue d’être traité pour son amibiase.

Avant son arrestation, Enoh Meyomesse avait publié plus de 15 ouvrages, dont des romans, des essais et des travaux portant sur des questions culturelles et politiques. Son premier ouvrage était un recueil de poèmes. En 2010, il a publié Le massacre de Messa de 1955 et le Discours sur le tribalisme, dans lequel il considère les effets destructeurs du tribalisme en politique africaine. Il a tenté de se présenter aux élections présidentielles, le 9 octobre 2011, mais s’est vu refuser son inscription.

En dépit des obstacles, Enoh Meyomesse continue de publier son œuvre. En novembre 2012, il a lui-même publié un recueil de poème particulièrement puissant, Poème carcéral…  Poésie du pénitencier de Kondengui (Éditions du Kamerun, novembre 2012). Les centres PEN ont participé à la diffusion de ses ouvrages les plus récents : fin 2013, le centre PEN anglais a travaillé à une traduction collective de Poème Carcéral, tandis que le centre PEN autrichien a publié une traduction en allemand de ses poèmes. Pour suivre Enoh Meyomesse et retrouver son actualité littéraire et critique et le récit en temps réel de sa vie, rendez-vous sur : www.enohmeyomesse.net.

Enoh Meyomesse a reçu le Prix Oxfam Novib/PEN pour la Liberté d’Expression 2012.

Appels :

  • Protester contre la condamnation de l’écrivain et activiste Enoh Meyomesse sur la foi d’accusations motivées par un agenda politique et la peine de sept ans de prison à laquelle il a été condamné le 27 décembre 2012 ;
  • S’inquiéter du contenu des rapports sur l’état de santé de l’écrivain et activiste, priant instamment les autorités à prendre toutes mesures nécessaires pour qu’il soit soigné de toute urgence ;
  • Appelant les autorités camerounaises à annuler la décision de justice et de veiller à la libération immédiate et inconditionnelle d’Enoh Meyomesse.

Envoyez vos appels à :

Président
Président Paul Biya
Fax: +237 22 22 08 70
Adresse courriel : cellcom@prc.cm ou contact@presidenceducameroun.com
Compte Twitter : @PR_Paul_Biya
Ministre de la Justice
L’Honorable Ministre de la Justice Laurent Esso
Ministère de la Justice
Yaoundé
Cameroun
Fax : +237 22 23 00 05
Premier ministre
M. Philemon Yang,  Premier ministre
Fax : +237 22 23 57 35
Adresse courriel : spm@spm.gov.cm

Nous vous conseillons d’envoyer, dans la mesure du possible, la copie de vos appels au représentant diplomatique du Cameroun dans votre pays. Vous trouverez les coordonnées de certaines des ambassades du Cameroun dans le monde à l’adresse suivante : http://embassy.goabroad.com/embassies-of/Cameroun

Réseaux sociaux : adresse du compte Twitter d’Enoh Meyomesse : #FreeEnoh

PAR SOLIDARITÉ

Nous vous invitons à envoyer vos messages de solidarité à Enoh Meyomesse à l’adresse suivante :

C/O Bergeline DOMOU (amie)

Boîte postale 15742

Yaoundé

Cameroun

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Nous encourageons vivement les membres de PEN à :

 Publier des articles et des avis dans la presse de leur pays, nationale comme locale, pour attirer l’attention sur le sort d’Enoh Meyomesse ;

Organiser des évènements grand public, des lectures, des conférences de presse, voire des manifestations ;

Partager des informations sur Enoh Meyomesse et votre action de campagne en sa faveur sur les réseaux sociaux.

N’oubliez pas de nous tenir au courant des activités et actions que vous menez, et de nous en envoyer le rapport le 15 décembre 2014 au plus tard de sorte que nous les fassions connaître aux autres centres.

 Pour toute information complémentaire, veuillez contacter Cathy McCann, Comité de défense des écrivains emprisonnés, PEN International, Brownlow House, 50-51 High Holborn, London WC1V 6ER – Royaume-Uni   Tél : +44 (0)20 74 05 03 38   Fax : +44 (0)20 74 05 03 39 Adresse courriel : cathy.mccann@pen-international.org