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Journée de l’écrivain en prison 2019 - Agir Pour Lydia Cacho Ribeiro

mardi 29 octobre 2019 - 0:07pm

Écrivaine, journaliste et activiste célèbre, Lydia Cacho Ribeiro

Écrivaine, journaliste et activiste célèbre, Lydia Cacho Ribeiro subit un harcèlement incessant, des menaces de mort et des attaques en raison de son journalisme d’investigation et de son militantisme. Ces attaques ont lieu en dépit des mesures de protection préventives que la Commission interaméricaine des droits de l’homme (CIDH) a accordé à l’écrivaine en 2009, mais que les autorités mexicaines ont négligé de mettre dûment en œuvre.

Après une autre attaque à son domicile le 21 juillet 2019 où deux individus sont entrés par effraction dans la maison de Lydia Cacho Ribeiro, ont volé du matériel et des documents de recherche, et tué ses chiens, l’écrivaine a été contrainte de s’exiler afin d’assurer sa propre sécurité. À ce jour, les autorités n’ont été en mesure ni d’identifier les responsables du cambriolage, ni d’exécuter les mandats d’arrêt liés à sa détention illégale et aux mauvais traitements qu'ont lui a infligés en 2005.

PEN estime que Lydia Cacho Ribeiro est visée en réponse directe à son journalisme d’investigation, qu’elle poursuit sans se laisser intimider. PEN demande aux autorités mexicaines de tenir ses engagements à protéger Lydia Cacho Ribeiro en lui assurant des mesures de sécurité adéquates et appropriées, et en traduisant en justice les responsables des attaques à son encontre.

Agissez : partagez sur Twitter, Facebook et les autres réseaux sociaux avec le hashtag #ImprisonedWriter

Envoyez des appels aux autorités mexicaines pour les exhorter à :

  • Protéger l’écrivaine et journaliste Lydia Cacho Ribeiro en lui assurant des mesures de sécurité adéquates et appropriées ;
  • Exécuter les mandats d’arrêt en cours liés à sa détention illégale et aux mauvais traitements qui lui ont été infligés en 2005 ;
  • Mener une enquête rapide et complète sur l’attaque de juillet 2019 à son domicile et traduire les responsables en justice ;
  • Fixer de toute urgence les conditions fondamentales du libre exercice du journalisme dans l’ensemble du pays, en se conformant aux accords internationaux sur les droits de l’homme et la liberté d’expression signés et ratifiés par le Mexique.

En envoyant des appels à :

Andrés Manuel López Obrador
Président
Palacio Nacional
Presidencia de la República
Plaza de la Constitución S/N, Centro, Cuauhtémoc, 06066 Ciudad de México, CDMX,
México.
Twitter : @lopezobrador_

Olga Sánchez Cordero
Secrétaire à l’Intérieur 
Bureau mexicain des affaires intérieures - ,
Adresse : Edificio del Hemicicho Piso 4, oficina 21, col.
Tabacalera, Alcaldía Cuauhtémoc, Ciudad de México, C.P. 06030.
e-mail : olga.sanchezcordero@senado.gob.mx
T. +52 55 55 53453000 ext. 3660
Twitter : @M_OlgaSCordero

Ricardo Sánchez Pérez del Pozo
Procureur spécial chargé des crimes commis contre la liberté d’expression (Fiscal Especial para la Atención de Delitos cometidos contra la Libertad de Expresión – FEADLE)
Calle Ignacio L. Vallarta 13, Tercer Piso, Colonia Tabacalera, Delegación Cuauhtémoc, C.P. 06030, México Distrito Federal,
Tél. : 01 (55) 53 46 42 38,
E-mail : ricardo.sanchezperez@pgr.gob.mx ; feadle@pgr.gob.mx

Alejandro Gertz Manero
Procureur général de la République
Avenida Insurgentes, Número 20 de la Glorieta de Insurgentes,
Col. Roma Norte, Ciudad de México. C.P. 06700
Tél. : 01 (55) 53460000
E-mail : alejandro.gertz@pgr.gob.mx

Envoyez des copies à l’ambassade du Mexique de votre pays. Les adresses des ambassades sont indiquées ici : https://embassy.goabroad.com/embassies-of/mexico

Nous vous invitons également à contacter votre ministère des affaires étrangères et vos représentants diplomatiques au Mexique pour leur demander d’aborder le cas de Lydia Cacho Ribeiro lors de rencontres bilatérales.

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Nous encourageons les membres de PEN à :

  • Publier des articles et des tribunes dans votre presse locale ou nationale pour alerter sur le cas de Lydia Cacho ;
  • Partagez des informations sur Lydia Cacho et sur vos activités de campagne en sa faveur via les réseaux sociaux ;
  • Organiser des événements publics, des conférences de presse et des manifestations ;
  • Organiser des lectures des travaux de Lydia Cacho (voir par exemple sa contribution à l’anthologie de PEN Écrire contre l’impunité « I don’t want to loose my head » (Je ne veux pas perdre la tête).

Merci de nous faire part de vos activités et de nous envoyer vos rapports concernant les actions que vous menez.

Réseaux sociaux  Pensez à utiliser le hashtag #ImprisonedWriter

Partagez des informations sur Lydia Cacho Ribeiro et sur vos activités de campagne en sa faveur via les réseaux sociaux.

Suggestions de tweets :

  • Associez-vous à PEN pour la Journée de l’écrivain en prison #ImprisonedWriter et agissez pour l’écrivaine #LydiaCacho {insérer lien RAN}
  • Je soutiens #LydiaCacho et @pen_int pour la Journée de l'écrivain en prison #ImprisonedWriter ; #JournalismIsAlive

Contexte

Lydia Cacho Ribeiro travaille en tant que journaliste depuis plus de 30 ans. Elle a été rédactrice en chef, présentatrice et chroniqueuse pour différents organes de presse internationaux au sein desquels elle a dénoncé, entre autres, la traite des êtres humains, le crime organisé, le trafic de drogue, la violence sexiste et la corruption. Elle a également publié plusieurs livres sur des sujets similaires, notamment : Los Demonios del Edén (Les démons de l'Éden), Muérdele el corazón (Mors-lui le cœur), Esta boca es mía y tuya también (Cette bouche est la mienne mais aussi la tienne), Memorias de una Infamia (Mémoires d'une infamie), Con mi hij@ no (Sans ma fille), Esclavas de poder: un viaje al corazón de la trata sexual de mujeres y niñas en el mundo (Esclaves de pouvoir : un voyage au cœur du trafic sexuel des femmes et des filles dans le monde), En busca de Kayla (À la recherche de Kayla), Sexo y Amor en tiempos de crisis (Sexe et amour en temps de crise)entre autres.

Elle est par ailleurs cofondatrice du Réseau des journalistes au Mexique, en Amérique Centrale et aux Caraïbes, et ambassadrice de bonne volonté auprès de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime. En 2012, elle a contribué à la Campagne de PEN : Écrire contre l’impunité. Lydia Cacho Ribeiro a reçu de multiples récompenses, notamment le Prix Oxfam Novib/PEN pour la liberté d’expression (2007), le prix UNESCO/Guillermo Cano (2008), le prix Tucholsky du PEN suédois (2008), le prix One Humanity du PEN canadien (2009) et le prix PEN Pinter for an International Writer of Courage du PEN anglais (2010).

Du fait de son travail, elle a régulièrement fait l’objet d’attaques, de menaces et d’intimidation. En 2005, après la publication de son livre Los Demonios del Edén (Les démons de l'Éden) dans lequel elle dénonce l’implication d’un certain nombre d’hommes d’affaires et politiques d’influence dans des réseaux de pédophilie opérant dans les États de Quintana Roo et Puebla, Lydia Cacho Ribeiro a été illégalement arrêtée, détenue et a été victime de mauvais traitements avant de faire l’objet de poursuites judiciaires pour diffamation pendant un an. Elle a été acquittée de tous les chefs d’accusation en 2007. Le 31 juillet 2018, le Comité des droits de l’homme des Nations Unies a tenu l’État du Mexique responsable de la violation des droits humains de Lydia Cacho Ribeiro dans le cadre de son affaire, plus particulièrement pour la torture qu’elle a subie et pour sa négligence dans l’enquête.

Lydia Cacho Ribeiro a continué à faire face à des menaces et à des tentatives d’intimidation en raison de ses travaux et de sa quête de justice. En conséquence, la CIDH lui a accordé des mesures de protection préventive en 2009, lesquelles contraignent les autorités mexicaines à protéger non seulement la journaliste, mais également sa famille et les personnes avec qui elle travaille. Cependant, les autorités mexicaines ont manqué à leur obligation de mettre en place les mesures nécessaires à la protection adéquate de Lydia Cacho. Par conséquent, elle a été contrainte de quitter le pays à plusieurs reprises.

Plus récemment, suite à l’entrée par effraction à son domicile où ses documents de recherche ont été volés et ses chiens empoisonnés, Lydia Cacho Ribeiro s’est exilée et a fait savoir qu’elle ne rentrerait pas tant que les responsables de cette attaque ne seraient pas traduits en justice. La journaliste pense que cette attaque est survenue en représailles à la délivrance des mandats d’arrêt à l’encontre des cerveaux supposés (parmi lesquels l’ancien gouverneur de l’État de Puebla) de sa détention et de ses mauvais traitements en 2005. Bien que les mandats d’arrêts aient été délivrés, les individus concernés n’ont toujours pas été appréhendés, d’après le bureau de l'organisation Article 19 pour le Mexique et l’Amérique centrale.

Le 25 septembre 2019, Lydia Cacho Ribeiro a dénoncé les négligences du gouvernement mexicain dans la mise en œuvre des mesures de précaution lors de la rencontre organisée par la CIDH et à laquelle les autorités mexicaines ont participé. La journaliste a rapporté de manière détaillée les mesures sporadiques et décoratives mises à sa disposition, notamment des téléphones portables, des numéros à appeler en cas d’urgence et l’affectation temporaire de gardes du corps. En raison de ces mesures insuffisantes, Lydia Cacho Ribeiro s’est sentie obligée de prendre en charge sa propre sécurité et d’engager elle-même des gardes du corps. Selon le bureau d'Article 19 pour le Mexique et l’Amérique centrale, la rencontre s’est conclue par un engagement de l’État à mettre en place toutes les mesures nécessaires pour garantir la sécurité de la journaliste, et par un accord pour former un groupe de travail inter-agences dans le but d’assurer la collaboration de toutes les parties impliquées dans sa protection.

Peu après cette rencontre, Lydia Cacho Ribeiro a été informée d’une nouvelle tentative d’intimidation à son encontre : des individus ont été aperçus devant son domicile au Mexique, en train de prendre des photos de ses caméras de surveillance.

La liberté d’expression au Mexique 

Le Mexique reste l’un des pays les plus dangereux au monde pour les journalistes. Au moins huit journalistes de presse écrite ont été tués cette année, et encore davantage de journalistes de radio-télévision. D’après le bureau d’Article 19 pour le Mexique et l’Amérique centrale, 99 % des cas de menaces à l’encontre des journalistes ne sont jamais élucidés. L’impunité de la violence à l’encontre des journalistes ne fait qu’encourager les responsables à mener d’autres attaques et perpétuer ainsi un cercle vicieux.

En outre, les tentatives répétées pour discréditer les journalistes, chroniqueurs et écrivains mexicains du Président Andrés Manuel López Obrador et des autorités menacent la liberté d’expression, d’opinion et d’information, non seulement dans les médias traditionnels mais également dans les médias sociaux.

Pour plus d’informations, veuillez contacter Emma Wadsworth-Jones à PEN International, Koops Mill, 162-164 Abbey Street, Londres, SE1 2AN, Royaume-Uni Tél. : +44 (0) 20 7405 0338 e-mail : emma.wadsworth-jones@pen-international.org