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Journée de l’écrivain en prison 2019 - Agir Pour Shakthika Sathkumara

mardi 29 octobre 2019 - 5:45pm

Shakthika Sathkumara

Le poète et écrivain récompensé Shakthika Sathkumara fait l’objet de procédures judiciaires et risque jusqu’à 10 ans de prison si le procureur général décide de l’inculper. Le 1er avril 2019, Shakthika Sathkumara était détenu en attendant les résultats d’une enquête de police portant sur des accusations selon lesquelles sa nouvelle « Ardha » (« Moitié ») était une incitation à la haine religieuse. Shakthika Sathkumara a passé plus de 120 jours en détention avant sa remise en liberté sous caution le 8 août 2019. Sa prochaine audition devant un magistrat est programmée pour le 10 décembre 2019, date à laquelle il se verra signifier la décision du procureur général concernant son inculpation éventuelle.

Après avoir examiné le contenu de la nouvelle de Shakthika Sathkumara, PEN estime que cette nouvelle ne constitue pas une incitation à la violence et conclut par conséquent qu’il est visé uniquement pour avoir exercé son droit à la liberté d’expression et demande au procureur général du Sri Lanka de cesser les poursuites.

Agissez : En partageant sur Facebook, Twitter et d’autres réseaux sociaux avec les hashtags #ImprisonedWriter

Merci d’envoyer des appels pour demander au procureur général du Sri Lanka de :

  • Cesser les poursuites judiciaires à l’encontre de l’écrivain Shakthika Sathkumara ;
  • Prendre les mesures nécessaires à la protection de la liberté d’expression conformément à l’article 14(1)(a) de la Constitution sri lankaise et des normes internationales, notamment le Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP) que le Sri Lanka a ratifié.

En envoyant des appels au :

Procureur général
M. Dappula de Livera
Fax : +94 112 436421
E-mail : administration@attorneygeneral.gov.lk

Envoyez des copies à l’ambassade du Sri Lanka de votre pays. Les adresses des ambassades sont indiquées ici :

Nous vous invitons également à contacter votre ministère des affaires étrangères et vos représentants diplomatiques au Sri Lanka pour leur demander d’aborder le cas de Shakthika Sathkumara lors de rencontres bilatérales.

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Nous encourageons les membres de PEN à continuer de :

  • Publier des articles et des tribunes dans votre presse locale ou nationale pour alerter sur le cas de Shakthika Sathkumara ;
  • Partager des informations sur Shakthika Sathkumara et sur vos activités de campagne menées via les réseaux sociaux. Pensez à utiliser le hashtag #ImprisonedWriter ;
  • Organiser des événements publics, des conférences de presse et des manifestations ;
  • Promouvoir les écrits de Shakthika Sathkumara (une traduction anglaise de sa nouvelle « Ardha » est disponible ici.

Merci d’informer PEN de vos activités et de nous envoyer vos rapports concernant les actions que vous menez.

Réseaux sociaux :

Pensez à utiliser le hashtag #ImprisonedWriter

Partagez des informations sur Shakthika Sathkumara et sur vos activités de campagne en sa faveur via les réseaux sociaux.

Suggestions de tweets :

  • Abandonnez les charges contre #Shakthika Sathkumara #ImprisonedWriter
  • Associez-vous à PEN pour la Journée de l’écrivain en prison #ImprisonedWriter et agissez pour l’écrivain #Shakthika Sathkumara #ImprisonedWriter {insérer lien RAN}

Contexte

L’écrivain Shakthika Sathkumara, âgé de 33 ans, est l’auteur de sept recueils de nouvelles, quatre anthologies de poésies, un roman et au moins 17 essais sur la littérature, le théâtre et le bouddhisme, sans oublier qu’il contribue régulièrement à plusieurs suppléments littéraires de différents journaux en langue cinghalaise. Ses nouvelles et ses anthologies de poésie lui valent une reconnaissance aux niveaux régional et national. Shakthika Sathkumara travaille en tant qu’agent de développement économique au secrétariat des divisions de Polgahawela. Il est actuellement en congé obligatoire et n’a pas été réintégré.

Le 1er avril 2019, Shakthika Sathkumara a été arrêté sur la base de soupçons d’infractions qu’il aurait commises, visées par la section 291B du code pénal et l’article 3(1) du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP) que le Sri Lanka a ratifié (2007), en lien avec une nouvelle qu’il avait publiée sur sa page Facebook. La nouvelle, « Ardha » (« Moitié »), qui devait être publiée dans un recueil plus tard cette année, a provoqué l’hostilité de groupes bouddhistes au Sri Lanka. Selon ces groupes, l’histoire est dénigrante et diffamatoire à l'encontre du Bouddhisme en raison de ses références indirectes à l’homosexualité au sein du clergé bouddhiste, mais également à une interprétation différente, et racontée par les personnages de cette nouvelle, de l’histoire légendaire du « Siddharta » de la littérature bouddhiste. Shakthika Sathkumara maintient qu’il n’avait nullement l'intention d’insulter le Bouddhisme ou de heurter les sensibilités d’une communauté religieuse en écrivant cette nouvelle qui est écrite dans un style post-moderniste.

L’article 291 B du code pénal sri lankais dispose que « toute personne ayant l’intention délibérée ou malveillante d’offenser les sensibilités religieuses de toute catégorie de personne, par des mots, qu’ils soient prononcés ou écrits, ou par des représentations visuelles, des insultes ou des tentatives pour porter atteinte à la religion ou aux croyances religieuses de cette catégorie, est passible d’une peine de prison maximale de deux ans, ou d’une amende, ou les deux ». L’article 3(1) du PIDCP ratifié par le Sri Lanka (2007) dispose par ailleurs qu’« aucune personne ne doit provoquer la guerre ou appeler à la haine nationale, raciale ou religieuse, tout ce qui constitue une incitation à la discrimination, à l’hostilité ou à la violence » et fait de ce crime un délit qui ne peut donner lieu à une libération conditionnelle et est passible d’une peine de prison maximale de 10 ans.

Bien que la liberté d’expression puisse être limitée pour des raisons de respect des droits ou de la réputation d’autres personnes, ou encore pour des raisons de sécurité nationale, d’ordre public, de santé publique ou de principes moraux, PENestime que ces limites ne peuvent pas être imposées de manière légitime à l’expression d’idées sur la religion. Tandis que PEN s’oppose à l’appel à la violence ou à la haine, après examen du contenu de la nouvelle de Sathkumara, PEN ne considère pas que cette histoire constitue une incitation à la violence.

Lors de l’audition qui s’est tenue le 25 juin 2019, la police a informé le tribunal de l'aboutissement de son enquête ; le cas a été renvoyé au procureur général afin qu’il rende sa décision quant à l’éventuelle inculpation inhérente aux chefs d’accusation émis à l’encontre de Sathkumara.  Lors de l’audition suivante en date du 9 juillet 2019, la police s’est présentée devant le tribunal de première instance de Polgahawela pour l’informer que le procureur général n’avait pas encore rendu sa décision. Sathkumara a été libéré sous caution le 5 août 2019 par la Haute Cour de Kurunegala et est sorti de prison le 8 août 2019, une fois la caution dûment versée auprès du tribunal de première instance de Polgahawela  Sathkumara a l’obligation de se présenter à la police de Polgahawela le deuxième et le quatrième dimanche de chaque mois. Lors de sa prochaine audition devant le tribunal de première instance de Polgahawela, programmée pour le 10 décembre 2019, Sathkumara se verra signifier la décision du procureur général concernant son inculpation éventuelle pour les chefs d’accusation exposés à son encontre.

Malheureusement, l’audition des arguments concernant l’affaire des droits fondamentaux de Sathkumara (présentés devant la Cour suprême par ses avocats le 29 avril 2019 afin de contester la validité juridique des accusations portées contre lui en vertu de la Constitution sri lankaise) a été reportée au 28 juillet 2020.

Pour plus d’informations, veuillez contacter Emma Wadsworth-Jones à PEN International, Koops Mill, 162-164 Abbey Street, Londres, SE1 2AN, Royaume-Uni Tél. : +44 (0) 20 7405 0338 e-mail : emma.wadsworth-jones@pen-international.org