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Togo : les autorités doivent garantir le respect de la liberté d’expression pendant les manifestations

mercredi 13 septembre 2017 - 1:00am

13 septembre 2017 – Les restrictions imposées par les autorités togolaises sur la liberté d’expression ces dernières semaines en réponse aux manifestations sont très préoccupantes, a déclaré aujourd’hui PEN International, prenant acte d’une coupure d’internet de six jours et de tentatives pour empêcher les journalistes de faire leur travail. PEN rappelle aux autorités leur obligation de protéger la liberté d’expression en vertu de leurs engagements régionaux et internationaux.

La coupure d’internet durant six jours, du 5 au 10 septembre, a suivi des manifestations par l’opposition qui réclamait le retour à la Constitution de 1992 et la limitation à deux le nombre de mandats présidentiels. Les manifestations, qui ont été plutôt pacifiques, ont eu lieu le 19 août, avant de reprendre les 6 et 7 septembre. Cent mille personnes auraient participé aux manifestations du 6 septembre et les services de sécurité auraient eu une réaction répressive  contre ces manifestations, y compris le 19 août lorsque deux personnes ont été tuées . Le Ministre de l’Information Gilbert Bawara a confirmé que « le gouvernement se réservait le droit d’imposer des restrictions à l’accès à internet » et qu’il l’avait fait pour des raisons de « sécurité ». L’opposition a lancé  un appel à de nouvelles manifestations.

« L’accès à internet est d’une importance capitale pour l’exercice de nombreux droits de l'homme. La liberté d’expression certainement, mais aussi chercher, recevoir et diffuser des informations pour accéder aux emplois, au travail, aux loisirs et pour communiquer » a déclaré Salil Tripathi, Président du Comité des écrivains en Prison de PEN International. « En coupant l’internet, le gouvernement ne se borne pas seulement à bafouer les droits, mais est aussi à l’origine d’énormes difficultés. Les autorités doivent s’assurer qu'il n'y ait plus de perturbations dans les services Internet. »

Les coupures d’internet sont d’une manière générale devenues plus fréquentes dans le monde, y compris dans les États africains. Selon Access Now, en 2016 au moins 11 États  africains ont procédé à des coupures d’internet et/ou ont bloqué l’accès aux médias sociaux et autres services de communication à des moments charnières pour la démocratie – surtout pendant les élections et les manifestations populaires. En 2017, le Cameroun a coupé l’internet dans la région anglophone pendant 94 jours.

Le Conseil des droits de l'homme des Nations Unies a condamné en 2016 dans une résolution « les mesures visant à empêcher ou à perturber délibérément l'accès à l’information ou la diffusion d’informations en ligne en violation du droit international relatif aux droits de l'homme », et a invité « tous les États à s’abstenir de telles pratiques et à les faire cesser ».

En plus des coupures d’internet, il a été rapporté  que la journaliste Emmanuelle Sodji, correspondante pour TV5 Monde et France2, s’était vu retirée son accréditation par les autorités togolaises, qui lui ont demandé de quitter le pays, en raison de sa couverture des manifestations. Il a également été fait mention de confiscation d’appareils photos de journalistes qui couvraient les manifestations.

Il y a eu au Togo un recul de respect du droit à la liberté d’expression ces dernières années. En février 2017, la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la communication (HAAC) a retiré les fréquences de la station radio CityFM et de la chaîne de télévision La Chaîne du Futur qui auraient violé les règlements d’autorisation. Amnesty International a souligné qu’il s'agissait d’une sanction disproportionnellement lourde. En 2015, un nouveau Code Pénal a été introduit qui criminalise la publication de fausses informations, passible de six mois à deux ans de prison, en plus d’une amende.

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