États-Unis/Royaume-Uni : la décision d'extrader Julian Assange vers les États-Unis condamnée

Nous, les centres PEN soussignés, condamnons fermement la décision du ministre britannique de l'Intérieur d'approuver l'extradition du fondateur et éditeur de Wikileaks, Julian Assange, vers les États-Unis, où il risque jusqu'à 175 ans de prison pour son rôle dans l'obtention et la publication d'informations militaires et confidentielles cataloguées documents diplomatiques en 2010.

Nos organisations ont souligné à plusieurs reprises que la poursuite de Julian Assange soulève de profondes inquiétudes quant à la liberté de la presse. Invoquer la loi sur l'espionnage pour des pratiques qui incluent la réception et la publication d'informations cataloguées envoie un signal dangereux aux journalistes et aux éditeurs du monde entier. La volonté de l'État de garder les choses secrètes ne l'emporte pas automatiquement sur le droit du public de savoir, en particulier lorsqu'il existe des preuves solides de violations des droits humains ou de corruption.

La décision du ministre britannique de l'Intérieur d'approuver l'extradition de Julian Assange contredit l'engagement déclaré du Royaume-Uni de protéger la liberté des médias dans le monde. Il en va de même pour le fait qu'il soit détenu depuis plus de trois ans à la prison de haute sécurité de Belmarsh à Londres, malgré les grands risques posés à sa santé mentale et à son bien-être physique. Le rapporteur spécial des Nations unies sur la torture a exprimé à plusieurs reprises ses inquiétudes quant à la santé d'Assange pendant sa détention à la prison de Belmarsh. En outre, il a clairement indiqué qu'il considérait que tant les conditions de détention aux États-Unis que la peine susceptible d'être infligée à Assange présentaient un risque réel de torture, de traitement inhumain ou dégradant.

Julian Assange a 14 jours pour faire appel. Alors que son équipe juridique continue de lutter contre son extradition, nous exhortons les autorités britanniques à le libérer immédiatement de la prison de Belmarsh, afin qu'il puisse enfin retrouver sa famille.

Nous appelons à nouveau les autorités américaines à abandonner toutes les charges retenues contre Julian Assange. Les lois sur l'espionnage ne doivent pas être utilisées contre les journalistes et les éditeurs pour avoir divulgué des informations d'intérêt public.

Signataires

PEN International

PEN Anglais

PEN Allemand

PEN Croate

PEN Ecossais

PEN Français

PEN Melbourne

PEN Norvège

PEN Ouïghour

PEN Slovénie

PEN Suédois

PEN Suisse-Allemand

PEN Suisse romand

PEN Sydney

PEN Trieste

Traduction d'Alix Parodi, Présidente du PEN Suisse romand