Journée de l’Écrivain Emprisonné 2020 – Agir pour Sedigeh Vasmaghi

Nom: Sedigeh Vasmaghi
Profession: Théoligienne, poète, écrivaine et militante des droits des femmes
Situation: Risque six ans au prison. Livres interdits en Iran.
#ÉcrivainEmprisonné #Sedigeh Vasmaghi

Lire la lettre de solidarité de Lisa Appignanesi à Sedigeh Vasmaghi

Lire La Lettre De Sedigeh Vasmaghi Je Proteste

Sedigeh Vasmaghi est une théologienne, poète, écrivaine et militante des droits des femmes, qui a écrit sur plusieurs sujets théologiques, politiques et sociales. Elle est très appréciée en Iran et en dehors pour son commentaire sur la jurisprudence islamique en Iran.

En août 2020, Vasmaghi a été condamnée à un an de prison pour avoir signé une pétition critiquant la brutalité policière contre des manifestants ayant participé à des manifestations en novembre 2019. Cette peine a été ajoutée à autre de cinq ans avec sursis infligée sur lui à 2017 ; un total de six ans. Elle est restée libre sous caution jusqu'en octobre 2020, date à laquelle sa peine a été confirmée. Elle attend actuellement de savoir quand elle devra entrer en prison.

Vasmaghi vit depuis des décennies sous surveillance constante et harcèlement, et ses livres ont été interdits en Iran. Elle a quitté l’Iran en 2011 pour passer six ans en exil en Allemagne et Suède avant de retourner en 2017. Cette peine est la dernière tentative d’étouffer ses commentaires critiques et indépendants.

PEN International considère les peines comme une violation flagrante du droit de Sedigeh Vasmaghi à la liberté d’expression et demande qu’elles soient annulées.

Agir

  • Envoyer des appels aux autorités de la République Islamique d’Iran
  • Informer les autres: Partager le cas de Sedigeh Vasmaghi et son œuvre
  • Donner à notre appel de la Journée de l’Écrivain Emprisonné
  • Lire la lettre de solidarité de Lisa Appignanesi à Sedigeh Vasmaghi

Demander aux autorités à:

  • Protester contre le maintien en octobre 2020 de la peine d’un an infligée à Sedigeh Vasmaghi, et contre le fait qu’une précédente condamnation à cinq ans avec sursis sera activée, entraînant un total de six ans de prison.
  • Faites remarquer qu’elle a été condamnée pour des accusations qui constituent une violation manifeste de son droit à la liberté d'expression et association.
  • Exiger qu’elle ne soit pas obligée d’entrer en prison et que les charges retenues contre elle soient abandonnées.
  • Assurer qu'elle puisse continuer sa pratique légitime d'écrivain et d’activiste sans autre entrave.
  • Lever l’interdiction de ses publications en Iran.

Exemple de Tweet:

Abandonnez les accusations portées contre #SedigehVasmaghi et lever l’interdiction sur ses publications. #ÉcrivainEmprisonné @khamenei_ir [ou noms d’utilisateur Twitter pour des autres contacts en dessous]

Guide Suprême de la République Islamique d’Iran

Grand Ayatollah Sayed ‘Ali Khamenei

Adresse: Bureau du guide suprême, rue République Islamique, fin de rue Shahid Keshvar Doust, Téhéran, République Islamique d’Iran.

Email: https://www.leader.ir/fr/lette...

Twitter: @khamenei_fra (français), @khamenei_ir (anglais), @Khamenei_ar (arabe), @Khamenei_es (espagnole).

Chef du pouvoir judiciaire

Monsieur Ebrahim Raisi

Adresse: Mission diplomatique permanent de l’Iran auprès des Nations Unies, Chemin du Petit-Saconnex 28, 1209 Genève, Suisse

Email: iran@un.int

Twitter: @Iran_UN (Anglais)

Président de la République Islamique d’Iran

Hassan Rouhani

Adresse: La présidence, rue Pasteur, place Pasteur, Tehran, République Islamique d’Iran

Email: media@rouhani.ir

Twitter: @HassanRouhani (Anglais) et @Rouhani_ir (Persan)

Envoyez des copies à l’ambassade iranienne de votre pays: https://embassy.goabroad.com/e....[1]

Nous encourageons les membres du PEN à continuer à:

  • Publier des articles et des articles d’opinion sur le cas dans la presse nationale ou locale;
  • Disséminer le cas de Sedigeh Vasmaghi aux institutions académiques, plus spécifiquement les départements se concernant avec l’Islam et la théologie, et avec des organisations des droits des femmes, en leur demandant d’agir pour lui;
  • Partager d’information sur Sedigeh Vasmaghi et votre campagne sur les médias sociaux ; veuillez utiliser #ÉcrivainEmprisonné et #SedigehVasmaghi ;
  • Organiser des événements publics, des conférences de presse et des manifestations.

Veuillez nous informer sur vôtres activités et moyens. Ceci nous aide surveiller l’impact de nôtres campagnes.

Exemple de Tweet:

À la journée de l’ #ÉcrivainEmprisonné rejoignez @PEN_Int et agissez pour l’écrivaine et théologienne iranienne #SedigehVasmaghi [Insérer lien]

Veuillez partager cette image sur Twitter, Facebook ou Instagram pour souligner le cas de Sedigeh.

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“Vous pouvez emprisonner mon corps, mais jamais ma conscience! Je proteste contre toutes les injustices et l’oppresion, et contre l’imprisonnement des innocents.” Sedigeh Vasmaghi

#ÉcrivainEmprisonné #SedigehVasmaghi

Les écrivains emprisonnés comptent sur PEN pour plaider pour leur liberté et défier ceux qui veulent les faire taire. Du soutien pratique pour des écrivains en quête d’asile ou en exil, à l’utilisation de nos plateformes pour partager leurs paroles, en passant par faire pression sur les puissants – ce travail est seulement possible avec votre soutien.

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Lire la lettre de solidarité de Lisa Appignanesi à Sedigeh Vasmaghi

Chère Sedigeh Vasmaghi,

Je trouve terrible que vous ayez été condamnée pour avoir signé une pétition critiquant les brutalités policières à l’encontre de manifestants.

Les autorités iraniennes ne savent-elles pas que signer une pétition est un acte de la vie quotidienne ? Ne savent-elles pas que les pétitions existent depuis des milliers d’années et que les premières pétitions documentées remontent à l’époque de la construction des pyramides égyptiennes, lorsque les esclaves réclamaient de meilleures conditions de travail ? Depuis lors, les gouvernements n’ont cessé de recevoir des pétitions et des pétitionnaires — de la Chine impériale à l’Amérique contemporaine, ainsi qu’à chaque moment historique et lieu géographique entre ces époques. Dans le monde entier, les pétitions restent un outil permettant aux citoyens d’obtenir réparation pour leurs griefs.

Vous avez courageusement choisi de retourner en Iran, alors que vous êtes grand-mère, en dépit d’une condamnation antérieure de cinq ans à laquelle cette nouvelle condamnation est venue s’ajouter. Le gouvernement iranien ne partage pas votre courage. Il semble craindre une écrivaine de votre talent et de votre stature, une femme dont la poésie primée et les traductions de l’arabe classique ont enchanté des générations, une femme unique qui a enseigné le droit dans son pays natal et à l’étranger, et dont les travaux universitaires sur les femmes, la jurisprudence et l'islam (Women, Jurisprudence, Islam - 2014) et les études sur la polygamie ont depuis longtemps enrichi la réflexion juridique dans ce domaine, mais sont désormais interdits.

Si l’État avait confiance en son propre pouvoir et en ses actes, il ne chercherait pas à vous faire taire. Nous savons que s’il vous envoie en prison, vous continuerez à écrire et à protester. L’injustice ne disparaît pas avec le cliquetis du verrou d’une cellule de prison. La brutalité du massacre que vous avez dénoncé demeure une tache sur l’histoire de l’Iran et dans la mémoire de son peuple. Dans le monde entier, d’autres écrivains se tiennent à vos côtés, tout comme les personnes qui ont survécu aux méfaits de leur dirigeant.

Lors de son discours de réception du prix Nobel, le grand dramaturge Harold Pinter a affirmé que le pouvoir politique était maintenu par la création d’un vaste tissu de mensonges, en privant les citoyens de la vérité. Le rôle de l’écrivain consiste donc à sauver la langue, à dire la vérité et à tenir tête au pouvoir : « Je crois qu’en dépit des énormes difficultés rencontrées, la volonté intellectuelle inébranlable, indéfectible et féroce, en tant que citoyens, de définir la vérité réelle de nos vies et de nos sociétés est une obligation cruciale qui nous incombe à tous ».

Sedigeh, vous faites cela depuis de nombreuses années. Nous sommes à vos côtés.

Nous espérons que le gouvernement iranien renoncera à votre emprisonnement injuste et qu’il reconnaîtra également le droit commun de pétition.

Bien à vous,
Lisa Appignanesi — ancienne Présidente de PEN Angleterre

Lire la lettre de Sedigeh Vasmaghi: Je proteste

Vous pouvez emprisonner mon corps, mais jamais ma conscience !

Je proteste, non seulement contre un verdict rendu par une autorité illégitime - illégitime parce que le Tribunal Révolutionnaire n’est pas compétent et parce que le juge de la section 26 est le chef de la protection des renseignements au sein du Tribunal Révolutionnaire et n’a pas le pouvoir de rendre un jugement -,

Je proteste, non seulement contre le contenu du verdict qui établit ouvertement que le système judiciaire ne croit pas en la valeur de la liberté d’expression et du droit de manifester,

Je proteste plutôt contre le gouvernement qui a ridiculisé implacablement la justice et qui abuse du système judiciaire, des tribunaux et des prisons pour réprimer les protestations, même dans leur forme la plus pacifique, à savoir la publication d’une déclaration.

Je proteste contre le gouvernement qui cherche à enchaîner notre conscience en nous privant du droit humain et moral de protester, et à enchaîner et emprisonner notre conscience.

Je proteste contre le gouvernement qui veut nous forcer à garder un silence honteux face à l’injustice et qui, sciemment et délibérément, ne permettra pas à des citoyens conscients et responsables de lutter contre la destruction et le désordre au moyen de leurs droits civils.

Je proteste contre le gouvernement qui veut nous priver d’humanité et nous transformer en statues indifférentes et silencieuses.

Je proteste contre le gouvernement qui sème la tension et le conflit, des conflits avec chacun, avec son peuple et avec le monde, et qui, par ses politiques peu honorables, nous a privés de la paix et de la sécurité physiques et spirituelles.

Je proteste contre toutes les injustices et l’oppression, et contre l’emprisonnement des innocents.

Je proteste toujours contre le massacre brutal de novembre 2019. Où que je sois, même en prison, je proteste et je protesterai contre l’injustice.

Vous pouvez emprisonner mon corps, mais jamais ma conscience ! Je préfère la prison au silence honteux face à l’injustice et à la corruption.

Le sage Jibril ouvrira un jour la serrure

La clé de la prison sera retrouvée, ne craignez pas

Sedigeh Vasmaghi

25 août 2020


اختصاص#

  • Le verdict a été rendu contre les personnes accusées de la « déclaration des 77 personnes » / Ali Shakoori Rad a été condamné à un an de prison en raison de la déclaration du Parti de l’unité de la nation islamique d’Iran / Mehdi Mahmoudian a été condamné à cinq ans de prison / Mohammad Hossein Karroubi, Mohsen Armin, Ghorban Behzadiannejad et Sedigheh Vasmaghi ont été condamnés à un an de prison.
  • Extension - Groupe d’information : Hojjat Kermani, l’avocat et expert juridique Azar Mansouri, Reyhaneh Tabatabai, Ali Shakoori Rad et Mohsen Aminzadeh ont annoncé que le verdict avait été rendu pour 14 militants politiques réformistes, poursuivis en raison de la « déclaration des 77 personnes » dans la section 26 du tribunal révolutionnaire de Téhéran.
  • Selon cet avocat, le verdict a déclaré que Mme Azar Mansouri, Mme Reyhaneh Tabatabai, M. Issa Saharkhiz, M. Abdullah Ramezanzadeh, M. Mohammad Sadegh Norouzi, M. Mehdi Darispour, M. Hassan Asadizidabadi, et M. Mohsen Aminzadeh ont été acquittés pour « diffusion de propagande contre le système », mais M. Ali Shakoori Rad, M. Mohammad Hossein Karroubi, M. Mohsen Armin, M. Ghorban Behzadiannejad et Mme Sedigheh Vasmaghi ont été condamnés à un an de prison.
  • Par ailleurs, M. Mehdi Mahmoudian a été condamné à un an de prison pour « diffusion de propagande contre le système » et à quatre ans de prison, à deux ans d’interdiction d’adhérer à un parti et de quitter le pays, et à quatre mois de travaux d’intérêt général pour « conspiration visant à perturber la sécurité du pays ».
  • Il convient de mentionner que Mohammad Hossein Karroubi, Issa Saharkhiz, Mehdi Mahmoudian, Abdullah Ramezanzadeh, Mohsen Armin, Mohammad Sadegh Norouzi, Ghorban Behzadiannejad, Mehdi Darispour, Hassan Asadizidabadi, Mohsen Aminzadeh, Azar Mansoori, Reyhan Tabatabai et Sedigheh Vasmaghi ont été accusés de « diffuser de la propagande contre le système » après avoir signé la « déclaration des 77 personnes » concernant les événements de novembre 2019 pour protester contre l’augmentation du prix de l’essence et appeler à la non-violence dans les relations avec les manifestants. M. Ali Shakoori Rad a été accusé de « diffusion de propagande contre le système » après avoir publié une déclaration du parti Ittihad Mellat concernant les événements de novembre 2019.

# امتداد

@emtedadnet

Contexte:

Sedigeh Vasmaghi est une d’un petit groupe des femmes qui ont enseigné la jurisprudence islamique en Iran, et ses publications comprennent Women, Jurisprudence, Islam (Femmes, Jurisprudence, Islam) publié à 2014 et traduit en anglais et allemande, mais interdit dans son pays d’origine. D’autres livres incluent Polygamy within Islam et Temporary Marriage with Islam and Cohabitation with the West (Polugamie au sein de l-islam et mariage temporaire avec l’islam et cohabitation avec l’Occident), au côté de plusieurs articles de journaux quotidiens et académiques. Elle a ocupé un poste de chercheure de droit de la famille à l’Université de Sheffield, et elle a été professeur invite à l’Université de Göttingen-Georg-Auguste en Allemagne.

Vasmaghi est aussi poète et elle a publié sa première collection de poésie, Praying for Rain (Prier pour pluie), à 1989, pour laquelle elle a reçu le prix de meilleur livre de l’Université d’Al-Zahra, Tehran, à 1991. Depuis lors, elle a publié cinq collections de poésie. Elle a traduit aussi poésie classique arabe en persan. Lire une partie de sa poésie.

Sedigeh Vasmaghi a été longtemps l’objet de tentatives pour faire taire sa voix critique. Par exemple, à 1997 elle a été condamné a deux mois pour un article sur des discussions entre un député de gouvernement et un officielle britannique, une peine qui a été annulée par le cour d’appel, après pression internationale de groups de défense des droits de l’homme dont Amnesty International.

Le harcèlement a continué. Puis en février 2011 le ministère iranien de la Sécurité a émis un ordre pour son arrestation. Elle s’est cachée avant de fuir le pays à mars 2011 pour Allemagne, où elle a pris un poste de professeur invité au département d’études islamiques de l’université de Göttingen. À 2012 elle est déménagé à Uppsala, en Suède, en tant que résident des villes internationales de réfugiés (ICORN). Quand sa résidence est finie à 2014, elle est restée chercheuse à l’université d’Uppsala.

Puis à 14 octobre 2017, Vasmaghi avec son mari est parti de Suède pour revenir en Iran. À son arrivée elle a été détenue pendant plusieurs heures à l’aéroport international de Téhéran avant d’être libéré pour attendre le tribunal révolutionnaire de Téhéran le 22 octobre. Au cours de l’audience de 10 minutes, le juge a évoqué une décision antérieure prononcée contre l’écrivain avant son départ à l’étranger, ainsi que son opposition à la pratique de lapidation des femmes reconnues coupables d'adultère.

Vasmaghi a été emmenée à la prison d'Evin, puis libérée sous caution le 4 novembre 2017. L'appel de Vasmaghi a eu lieu le 16 mai 2018 et elle a été condamnée avec sursis. En septembre 2019, elle a été interdite de quitter le pays.

Malgré cette situation, Vasmaghi a continué son activisme politique. En juin 2020, elle a reçu une convocation au tribunal liée à une pétition qu'elle avait signée, aux côtés de plus de 70 autres personnes, pour protester contre des brutalités policières présumées contre des manifestants qui avaient participé à des rassemblements en novembre 2019, contre la hausse des prix du pétrole. La pétition impliquait la police dans la mort de centaines de manifestants. Le tribunal a déclaré qu'il n'y avait eu aucune preuve de brutalité et que la requête était motivée par des motifs politiques. Vasmaghi a refusé d'assister à l'audience qui s'est tenue le 4 août, publiant à la place une longue déclaration dans laquelle elle mettait en question la légitimité du tribunal à entendre son affaire. Elle y faisait également référence à d'autres accusations portées contre elle, notamment s'entretenir avec des médias en persan en dehors de l'Iran, recommander des négociations entre les États-Unis et l'Iran et signer une autre pétition, plus tôt en 2019, appelant à la séparation de la religion de l'État. Elle a été condamnée à un an de prison. L’appel de Vasmaghi contre la condamnation a été annulé et elle devra désormais entrer en prison pour purger cette peine, parallèlement à une peine précédente de cinq ans, pour un total de six ans d’emprisonnement.

[1] Liste en anglais